Dimanche 27 novembre 2005 - 1er dimanche de l’Avent

Quand le chat est parti, les souris dansent.

Isaïe 63,16-17.19.64,2-7 - Psaume 79 - 1 Corinthiens 3-9 - Marc 13,33-37
dimanche 27 novembre 2005.
 

Quand le chat est parti, les souris dansent.

Dans la classe du petit Nicolas, le chahut est indescriptible : le surveillant les a laissés pour un instant en leur recommandant d’être sages ! Au début, c’est plutôt drôle. Mais, si l’absence devait durer, la situation risquerait fort de mal tourner.

Les hommes sont comme une classe laissée depuis longtemps sans maître. Dieu n’est pas là, c’est évident. Où est-il ? Est-il seulement ? Mystère. Mais certains se conduisent comme s’il était là, avec droiture. D’autres se comportent comme des gamins laissés à eux-mêmes : ils ne font que casser et gâcher. La faute en remonte à certains qui se prennent pour des dieux à la place de Dieu : ils traitent les hommes comme des souris, ils les terrorisent et les dévorent.

C’est pourquoi les hommes se sont fait des dieux en forme de tigre ou de taureau. Les prophètes en ont ri : Dieu n’est pas un veau, ni un chat ! Mais qu’est-ce qu’ils en savent, eux ? Ils le tiennent de Dieu lui-même, qui s’est révélé à son peuple, et qui a envoyé son Fils en personne achever sa révélation.

Et nous avons vu sa gloire. Nous l’avons vue quand il est parti : elle s’est manifestée à son départ, à Jérusalem, sur la croix. Vous en souvenez-vous ? Savez-vous pourquoi nous sommes là ? L’Apôtre le dit : dans l’Eucharistie, nous rappelons la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. Tel est le sens du temps de l’Avent. Il faut raviver en nous la mémoire de la venue du Seigneur dans la chair afin de pouvoir attester fermement que nous connaissons ce Dieu qui vient. Le sens de l’Avent est en toute Eucharistie, nous rappelait naguère le pape Jean-Paul II.

Oui, nous connaissons Dieu en son Fils, qui est un homme. Son nom, “Jésus”, signifie “Dieu sauve”. Nous le prouvons en nous conduisant en fils de Dieu, plus encore qu’en hommes de bonne volonté, car le Fils nous a laissé toute autorité dans la maison, c’est-à-dire dans le monde, et d’abord dans l’Église. Nous ne devons pas nous comporter en maîtres, mais en serviteurs, comme lui, car il nous a appris à nous mettre au service de l’humanité souffrante.

Veiller, c’est donc raviver en nous la mémoire du Seigneur dans l’Eucharistie dominicale et dans la prière constante. Et, par voie de conséquence c’est travailler à l’œuvre de Dieu, c’est-à-dire annoncer l’Évangile à toute la création. Que chacun contribue pour lui-même, en ce temps de l’Avent, à une intensification de la veille apostolique de l’Église. C’est ainsi que nous hâtons la venue du Seigneur.

Par-dessus tout, que chacun de nous prie le Père en enfant de Dieu dans le Fils unique avec plus de fréquence et d’ardeur. Demandons-lui de faire sa volonté tout le temps, au lieu de passer le temps à danser notre existence passagère sur les rythmes de l’étourdissement en l’absence de Dieu.

Ainsi, quand le Seigneur viendra, nous connaîtrons sa joie qui demeure.

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