Dimanche 4 décembre 2005 - 2ème dimanche de l’Avent

Il faut commencer petit.

Isaïe 40,1-11 - Psaume 84 - 2 Pierre 3,8-14 - Marc 1,1-8
dimanche 4 décembre 2005.
 

Il faut commencer petit.

Mais pourquoi ?

Parce que l’enfant est doté d’une prodigieuse capacité d’apprendre. La musique et la logique, le mouvement et l’attente, les langues et les sentiments des hommes, il reçoit tout avidement pour la vie.

Ah oui, l’enfant. Bon, mais pour une entreprise, au contraire, plus on commencera gros, mieux ce sera, non ?

Pas si sûr. Cela dépend des ambitions de l’entreprise. Pensez à cette marque prestigieuse d’ordinateurs dont le premier modèle, au nom de pomme, fut construit par deux étudiants dans un garage. L’innovation réclame une liberté de création que la masse peut empêcher.

C’est pour cela que Jésus commence petit.

Jésus commence petit l’Évangile. Si petit, même, qu’au commencement, il n’est pas là. Vous l’avez entendu : en ce début de saint Marc, on parle du prophète Isaïe, puis on voit Jean-Baptiste en action, mais celui dont la Bonne Nouvelle commence n’est même pas encore en vue !

Quant à Jean-Baptiste, il ne sait pas très bien ce qu’il annonce. Il sait seulement que, si grand qu’il soit lui-même, il n’arrive pas à la cheville de celui qui vient. Et quand Jésus sera là, il faudra que Jean diminue pour pouvoir le reconnaître vraiment.

On se demande parfois ce que vient faire le Baptiste en Avent. Mais ce prologue où Jésus n’est pas encore là ne convient-il pas bien à ce temps où nous attendons sa naissance ?

Bien sûr, nous ne faisons pas semblant d’être avant sa naissance : nous connaissons la suite, c’est bien pourquoi nous sommes ici !

Justement, de ce Jésus encore minuscule dans les bras de Syméon, nous savons ce qu’il est dit : il sera grand, il sera appelé Fils de Dieu, il recevra le trône de son père David et son règne n’aura pas de fin. C’est un mystère joyeux, à travers les douleurs qu’il pressent.

Or, ce mystère devient le nôtre, si nous nous laissons emporter à l’appel de l’Avent.

Il nous faut accompagner le mouvement du Fils de Dieu qui descend du ciel. Redevenir capables, comme un tout-petit, d’accueillir pleinement la nouveauté. Car voilà que Dieu fait tout nouveau : « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice » !

L’esprit d’enfance divine se reconnaît à ce qu’il nous saisit d’estime et de respect pour tout ce qui est petit, faible ou pauvre au milieu de nous, jusqu’à l’adoration. C’est une question de cœur, comme celui du Seigneur qui rassemble ses agneaux.

C’est l’Esprit Saint, selon la volonté du Père, qui fait commencer petit l’Évangile de Jésus Christ, Fis de Dieu.

C’est lui qui comble de grâces et de succès les entreprises nouvelles de l’Église quand elle se fait petite sous le regard de Dieu. Car l’Église n’a pas pour ambition de faire du chiffre, toujours plus gros, mais d’allumer le feu de la Bonne Nouvelle au cœur du monde.

L’Évangile nous fait commencer petit pour que nous devenions grand en Jésus Christ.

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