Dimanche 22 janvier 2006 - Troisième Dimanche

De l’action, des bijoux, un secret, des morts.

Jonas 3,1-10 - Psaume 24 - 1 Corinthiens 7,29-31 - Marc 1,14-20
dimanche 22 janvier 2006.
 
Baptême d’un petit enfant au cours de la messe

De l’action, des bijoux, un secret, des morts.

La recette d’un roman policier, ou de cape et d’épée ? L’évangile, tout simplement, l’évangile selon saint Marc.

L’action s’y déroule d’un seul jet, d’une seule haleine, depuis l’apparition du Christ jusqu’à sa passion qui le conduit à la mort et à la résurrection. Et le mouvement de Jésus lui-même s’inscrit dans une action qui l’anticipe et le continue, puisque Jean-Baptiste le précède et que ses disciples le suivent.

D’où les morts. Notre morceau d’évangile commence “après l’arrestation de Jean” : nous savons quelle est la suite et comment après l’arrestation viendra la décapitation. Jean a proclamé, il est tué. Jésus se met à proclamer, il sera tué. Et les apôtres suivront.

Mais le mot grec rendu par “être arrêté” est le passif du verbe “paradidômi” qui signifie littéralement “transmettre”. Autrement dit, notre morceau d’évangile commence “après la transmission de Jean”. Il s’agit d’un passage de témoin, comme dans une course de relais. Voilà le secret.

Et le secret se redouble. Il est cette bonne nouvelle de Dieu qui se manifeste parfaitement en la Pâque de Jésus : celui qui veut garder sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de lui et de l’Évangile la sauvera. La transmission est passage du message au témoin suivant, mais aussi passage du messager accompli à la gloire du Père céleste.

C’est pourquoi l’ennemi perd sa peine. Car, évidemment, il y a un ennemi. Il se démène pour couper le fil : le fil de la transmission, le fil de la foi qui se communique. Et pour cela il coupe le fil de la vie des témoins de la foi. Mais ses succès font leur victoire. La mort de Jésus, en effet, est notre salut et sa gloire, car Dieu l’a ressuscité. Et tous ceux qui meurent à la suite de Jésus pour la foi sont les premiers des vivants après lui.

Et voilà les bijoux. Car ils sont les joyaux de la couronne du Père qui les accueille dans sa lumière et fait briller sur eux son amour aux siècles des siècles. Nous le sommes déjà, nous aussi, puisqu’un même baptême nous a restaurés dans le Christ. Nous formons ensemble comme la merveilleuse parure de l’Église, cette mère très pure qui nous enfante à la vie divine, comme Gustave aujourd’hui.

Voyez la rivière de diamants sur les épaules d’une reine, le merveilleux entrelacs de gemmes colorées mêlant leurs mille feux au cou d’une princesse, tels sont les fils de l’Église unis dans la foi, et formant ainsi l’instrument divin propre à pêcher les hommes. Nous sommes en effet les mailles du filet apostolique par lequel s’effectue la pêche miraculeuse de l’Église qui fait de toutes les nations des disciples, selon la mission que lui a confiée le Seigneur.

Mais n’avons-nous pas l’impression qu’aujourd’hui ça ne marche plus ? Aurions-nous perdu les recettes de l’efficacité ? Deux choses sont sûres. La première est que personne n’attire les hommes au Christ s’il n’est déjà attiré lui-même. Voyez l’efficacité de Jésus : en appelant les premiers disciples à devenir pêcheur d’hommes, il les pêche eux-mêmes. Et c’est parce que lui-même, Jésus, est le parfait adorateur du Père, celui qui fait tout ce qu’il lui voit faire, qu’il exerce sur les hommes une telle attraction.

Ensuite, c’est ensemble que nous sommes pêcheurs d’hommes, s’il est vrai que chacun de nous est comme une maille du filet. Si nous jouons d’individualisme, si nous sommes désunis, nous formons un instrument en lambeaux qui n’attrape plus rien et laisse filer le reste. C’est pourquoi nous devons prier pour l’unité des chrétiens, cette semaine et tous les jours de l’année.

Allons, c’est le moment aujourd’hui, le moment crucial, car “les temps sont accomplis” : laissons-nous renouveler ensemble dans la foi et suivons hardiment le Christ qui appelle les hommes “en passant au bord de la mer”. C’est ainsi qu’ensemble, de plus en plus saints et de plus en plus nombreux, nous brillerons aux yeux de Dieu comme un trésor formé de myriades de joyaux, pour la joie de son cœur.

Voilà son œuvre, celle que l’Église accomplit en célébrant les sacrements par le Christ dans son action de grâce.

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