Dimanche 2 janvier 2000 - Épiphanie du Seigneur

Imiter, c’est bien ou c’est mal ?

Isaïe 60,1-6 - Éphésiens 3,2-3.5-6 - Matthieu 2,1-12
dimanche 2 janvier 2000.
 

Imiter, c’est bien ou c’est mal ?

Si c’est pour se moquer, c’est mal. Mais si c’est pour faire comme un bon modèle, c’est bien.

Et qui serait un bon modèle ? Jésus ? Imitez-donc l’enfant Jésus, pour voir ! Nous serions bien en peine de le faire : non seulement nous ne pouvons le voir en chair et en os, mais encore nous ne savons rien de son aspect ni de son comportement.

C’est plutôt l’enfant Jésus qui, comme tous les enfants, a imité les adultes : son papa et sa maman, sûrement, et peut-être aussi les mages. Son papa et sa maman, ai-je dit ? Mais comment aurait-il pu imiter son Père, puisque, Dieu, nul ne l’a jamais vu ? Et Jésus non plus n’a jamais vu le Père de ses yeux de chair, de notre chair.

Pendant toute sa vie, Jésus a recherché la volonté du Père afin de l’accomplir. Et pour discerner cette volonté au milieu des suggestions multiples des circonstances et de l’imagination, il s’est fié, comme tout bon fils d’Israël, à l’Écriture sainte, à la Parole de Dieu. Pas à pas, du début à la fin de sa vie, il a suivi sa vocation, selon l’appel du Père.

Pour nous, la situation est la même. C’est pourquoi Jésus ne nous dit jamais de l’imiter, mais il nous commande : "Soyez mes disciples !". Être disciple du Christ signifie concrètement marcher à sa suite, derrière lui. Comme lui et à sa suite nous devons chercher notre vocation et y répondre, pas à pas tout au long de notre vie.

Comprenez : la vocation de chacun dépend de ce qu’il est à chaque moment de sa vie. Voilà pourquoi il est écrit que l’étoile précédait les mages. Il s’agit d’imaginer ce que l’on doit être, à l’appel de Dieu, et de s’y conformer.

Pour que l’imagination ne soit pas fantaisie, le discernement doit reposer sur la Parole de Dieu entendue en Église. Comme les mages ont interrogé les autorités de Jérusalem, qui ont elles-mêmes consulté les Écritures.

Il ne s’agit donc pas de rêver d’être pompier, président ou top modèle, mais d’imaginer le saint que l’on doit être, le comportement que l’on doit adopter en conformité à sa vocation sainte, compte tenu de toutes les déterminations qui nous font ce que nous sommes.

Pour imaginer ce comportement nous sommes aidés par la multitude des saints qui nous sont donnés à vénérer dans l’Église et dont certains peuvent correspondre plus particulièrement à notre situation et à nos dispositions.

Il faut répondre avec intelligence à la question : si j’étais saint, que devrais-je faire dans les situations de vie qui sont les miennes ? Si je pense alors que c’est impossible parce que je ne suis pas un saint, je dois croire que justement cela est possible à Dieu que je le devienne. Aussitôt je connaîtrai la joie des mages à la vue de l’étoile.

C’est en trouvant sa vocation jour après jour que l’on peut la trouver aussi lors des choix décisifs de l’existence comme le mariage, la vie religieuse ou l’ordination à la vie et au ministère de prêtre, mais aussi dans toutes sortes de circonstances où la question de l’engagement se pose.

Accomplissant, grâce à Dieu, son dessein d’amour sur moi je m’approcherai comme les mages de l’enfant et de sa mère, c’est-à-dire du Fils de Dieu en qui nous sommes faits fils, dans la maternité spirituelle de l’Église.

Suivez votre étoile, imitez le saint que vous devez être, c’est cela qui est bien. Ensemble, en Église, devenons l’Église que nous devons être ; alors une lumière plus vive se lèvera sur le monde et beaucoup se mettront en marche dans la joie.