Dimanche 23 janvier 2000 - Troisième Dimanche

Mais qu’est-ce qu’il lui trouve ?

Jonas 3,1-5.10 - 1 Corinthiens 7,29-31 - Marc 1,14-20
dimanche 23 janvier 2000.
 

Mais qu’est-ce qu’il lui trouve ?

Quand on n’apprécie guère la demoiselle à qui s’intéresse un jeune homme, on s’interroge ainsi.

Mais on se demande plus encore : "Que peut-elle bien lui trouver ?" lorsque c’est le garçon qui nous semble bizarre et même inquiétant.

Pourtant, le cas échéant, on se fera une raison : "S’il la rend heureuse..." En effet, si la jeune fille manifeste un goût nouveau pour l’existence, qu’elle travaille bien et n’est que plus aimable avec ses parents, ses frères, ses soeurs et tout son entourage, on aura mauvaise grâce à se plaindre.

Bien plus, si elle affronte avec courage, patience et espérance des difficultés assez graves, d’études ou de santé par exemple, on ne songera plus à mal penser de celui dans l’amitié de qui elle trouve de telles ressources. En effet, seul un véritable amour donne ainsi la force et l’esprit de vivre bien le meilleur ou le pire.

Mais qu’est-ce que les Ninivites ont bien pu trouver à Jonas pour se convertir ainsi à sa parole ? Le bref extrait que nous avons entendu aujourd’hui ne suffit pas à se faire une idée du personnage. Mais, pour un prophète, il est bien bizarre : la première fois que Dieu l’appelle à partir pour Ninive, il se lève aussitôt, sans doute, mais c’est pour se défiler !

En outre, sa prédication inquiétante pourrait bien être plus fantaisiste que fidèle à l’inspiration authentique : "Encore quarante jours et Ninive sera détruite", Jonas a-t-il vraiment entendu cela de Dieu ? Le texte ne le dit pas, mais la fin de l’épisode donne à penser que la perspective d’un tel sort pour la grande ville correspondait au souhait malveillant du prophète plus qu’à l’intention du Seigneur.

Pourtant, les Ninivites se sont convertis, ils ont rejeté leurs conduites mauvaises et se sont engagés sur le chemin du bien. Pourquoi ? Parce que, dans la personne du prophète, ils ont trouvé Dieu, vraiment, qui s’était approché d’eux. Et, certes, il leur fallut pour cela le regard de la foi.

Quand les Apôtres, à l’appel de Jésus, se lèvent aussitôt et abandonnent tout pour le suivre, nous trouvons cela naturel. Évidemment, pensons-nous, puisque Jésus est le Fils de Dieu, le Verbe fait chair, leur empressement est normal. Pourtant, cela n’a pas empêché certains de le méconnaître et de le rejeter. Même pour Jésus, en vérité, on ne peut trouver Dieu dans la personne de son serviteur par qui il se fait proche que grâce au regard de la foi.

Vous qui êtes là, vous avez nécessairement accueilli Dieu qui s’est approché de vous en ses serviteurs, ne serait-ce, pour beaucoup, que dans la personne de vos parents. Les parents chrétiens exercent, normalement, en faveur de leurs enfants une responsabilité réellement apostolique. Ils sont pour eux, dès le commencement, les ministres de sa présence toute proche. Et comment ces enfants accompliront-ils parfaitement le commandement d’honorer leurs parents chrétiens sinon en vivant dans la fidélité à ce don reçu ?

Certains d’entre vous ont peut-être oublié, négligé ou même repoussé ce don merveilleux. Accueillez-le maintenant pleinement par la foi. Baptisés et confirmés, vous avez été consacrés par celui qui a promis de faire en nous sa demeure. Par la foi, soyez fidèles à votre vocation.

Vous le savez, les hommes d’aujourd’hui trouvent souvent l’Église bizarre ou inquiétante, et c’est parfois de notre faute. Mais, tels que nous sommes, c’est par nous et en nous que Dieu se fait proche d’eux : nous sommes l’Église par qui le Règne les rejoint maintenant.

Voyez, Dieu appelle les hommes à le trouver en nous : répondons de tout notre coeur à cette vocation qui nous remplit de joie, et rendons-en grâce.