9 avril 1995 - Dimanche des Rameaux et de la Passion

"Celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une" ?

Isaïe 50,4-7 ; Philippiens 2,6-11 ; Luc 22,4 à 23,56
1996.
 

Avez-vous remarqué, dans ce récit de la Passion selon saint Luc que nous entendons cette année, cette parole étonnante de la part de Jésus : "Celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une" ? D’autant plus étonnante qu’ensuite, ces disciples que Jésus invite à s’équiper comme des soldats, avec argent, sac et glaive vont s’endormir, accablés de tristesse. Puis, quand ils se lèvent, au premier coup Jésus les arrête. Alors, pourquoi cette convocation au combat ?

Le combat, c’est Jésus qui l’a livré. Il a eu lieu au jardin des Oliviers. Jésus y a versé son sang, une sueur comme du sang. Ce combat de prière et d’angoisse, il l’a mené seul. Le combat auquel les disciples devaient se préparer, il fallait qu’un autre le livre pour eux.

Quand nous tenons ces rameaux, accomplissant ainsi un geste enfantin - cela se voit,la liturgie le dit, et c’est bien convenable évangéliquement -, nous signifions que nous croyons que la grâce du Christ nous est donnée comme à des enfants : quand des petits sont en cas de nécessité vitale, on ne se demande pas s’ils ont été gentils ou méchants pour leur dispenser ce dont ils ont besoin.

Mais n’oublions pas que, baptisés, disciples de Jésus-Christ, nous sommes convoqués à suivre le Seigneur jusqu’au bout. Nous devons donc entrer, nous aussi, dans ce combat qu’il a mené et gagné pour nous. Ce combat est celui de la prière : c’est maintenant qu’il faut y entrer, sans attendre l’arrestation, les accusations, la condamnation, les coups, les clous, la souffrance et la mort.

C’est maintenant que nous devons entrer courageusement dans le combat de Jésus, sûrs de triompher, car sa victoire est la nôtre.