Dimanche 2 avril 2000 - Quatrième dimanche de Carême

Haut les coeurs, les filles !

2 Chroniques 36,14-16.19-23 - Éphésiens 2,4-10 - Jean 3,14-21
dimanche 2 avril 2000.
 

Haut les coeurs, les filles !

Les jeunes filles m’inquiètent, en ce moment. Elles n’y croient plus. Imaginez un groupe d’amies de vingt ans : l’une d’elles se fiance avec un garçon très bien, et les voilà tout en transes. Si l’amie ne sourit pas, c’est qu’elle n’est pas heureuse, si elle est heureuse, c’est insupportable et, d’ailleurs, les fiançailles sont-elles valides, en bonne et due forme ?

Il ne suffit pas d’être jeune et jolie, et désirable, en fait. Le bonheur, ce n’est pas cela. Le bonheur, c’est un homme, un vrai, qui soit aimable et sûr, et qui vous aime vraiment, maintenant et pour toujours. Un bon mari, en somme. Mais comment y croire, aujourd’hui ? N’est-ce pas improbable, voire impossible ? Alors, faute de se permettre d’espérer, elles se contentent de rêver.

De même que certains accumulent des biens sans les faire servir, elles multiplient les bouts d’essais sans perspectives. De même que ceux-là pourrissent dans leurs richesses, elles risquent de moisir dans leur beauté. Parce qu’elles ne croient pas vraiment au mariage, elles semblent avoir échoué d’avance.

"Celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru." Cette parole, trop intransigeante pour nous, la traduction liturgique tente de l’adoucir en interprétant "celui qui ne croit pas" en "celui qui ne veut pas croire". Mais cela ne sert à rien. Pour comprendre, il nous faut écouter jusqu’au bout.

Il s’agit de croire "au nom du Fils unique de Dieu". Il s’agit de croire que Dieu est un vrai Dieu, tout-puissant et infiniment bon, qu’il est sûr, fidèle éternellement, et qu’il nous aime vraiment, maintenant et pour toujours. Bien sûr que nous ne le croyons pas. Si le Fils unique de Dieu est mort sur la croix, c’est pour que, en le contemplant ainsi élevé comme le fut le serpent au désert, nous puissions croire et être sauvés.

Nous faisons, carême après carême, des efforts de vertu plus ou moins contraints pour avoir l’air justes, comme une jeune fille se maquille, de soirée en soirée, année après année. Mais si nous croyons au nom du Fils de Dieu, comment ne pas rejeter joyeusement de nos vies ce qui est indigne de lui, toute oeuvre laide et morte, pour l’accueillir chez nous comme chez lui ?

Nous sommes fiancés, en bonne et due forme : le Fils de Dieu s’est présenté son épouse rendue sainte et sans tache par le sacrifice de sa Pâque. Croyez à l’amour conjugal du Christ et de l’Église, et vivez-le de tout votre coeur, maintenant et pour toujours. Pourquoi nous laisserions-nous aller à l’incrédulité du temps qui désespère de l’Alliance avec Dieu ?

Les fidèles m’inquiètent quand ils n’ont plus l’air de l’être, quand leurs âmes pleurent dans les cendres sans foi tandis que le Seigneur les appelle à sa joie.

Haut les coeurs, les fidèles !