Lundi 17, mardi 18 et mercredi 19 avril 2000

Comment va votre père ?

1 Samuel 15,17-23 - Luc 18,9-14
samedi 8 avril 2006.
 


-  Comment va votre père ?

-  Mon père est mort.

-  Oh, pardon !

Les mêmes, un an après :

-  Comment va votre père ?

-  Mon père est toujours mort.

Cette histoire d’humour noir, qui figurait, si mes souvenirs sont bons, dans l’Assimil portugais d’il y a une vingtaine d’années, nous est devenue difficile à entendre : le sujet est trop grave.

De plus, derrière le bon mot, la satire est cruelle. Le personnage qui s’enquiert de la santé du père de l’autre a bien entendu la triste réponse, mais seulement de façon superficielle : elle ne lui est pas parvenue au coeur. Nous dirions aujourd’hui, que cela n’a pas imprimé.

Cette histoire me fait penser à ces confessions, qu’on trouvait encore bien normales il y a quelques dizaines d’années, du type : "Toujours la même chose, mon Père, donnez-moi, comme d’habitude, pénitence et absolution." On venait énoncer le constat que rien ne changeait et en recevoir quitus. Aujourd’hui, Dieu merci, il ne nous est plus si facile de traiter légèrement une matière si grave.

Quand nous entendons la parabole du pharisien et du publicain, cela n’imprime plus : l’habitude nous fait trouver normal que le premier soit réprouvé et le second accueilli.

Mais vous avez entendu la première lecture : Saül est condamné pour n’avoir pas anéanti l’ennemi comme il lui avait été commandé de le faire. De plus, il fait remarquer que ce qu’il a gardé était destiné à être offert en sacrifice. Cet homme n’est-il pas plus juste que son juge ?

Au contraire, vous savez bien que David, qui avait accumulé les péchés les plus graves - adultère, vol et homicide - s’est trouvé pardonné aussi vite que sa faute lui était reprochée. Ressentez-vous maintenant le caractère vraiment scandaleux du traitement fait, dans le pardon, au juste et au pécheur ?

Quelle différence entre le coupable publicain et l’innocent pharisien peut-elle bien expliquer l’attitude paradoxale du Seigneur à leur égard ? Simplement la façon dont l’un et l’autre l’écoutent. Le second ne se soucie ni de Dieu ni des autres, il ne pense qu’à lui et à protester de sa propre justice. Le premier est atteint au coeur par la Parole qui le confond.

Mes frères, comment pouvons-nous venir répéter simplement : "Père, mon coeur est toujours mort" ? Si notre vie ne change pas, c’est que nous n’avons pas écouté la Parole jusqu’au coeur : sinon elle nous aurait bouleversés.

Ouvrez votre coeur à l’appel miséricordieux de votre Père des cieux qui vous dit : "C’est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices."

Écoutez, si votre coeur est mort : votre Père est toujours vivant et il frappe à votre porte.