21 avril 2000 - Vendredi Saint

C’est un vrai bonheur de donner !

Isaïe 52,13 ; 53,12 - Hébreux 4,14-16 ; 5,7-9 - Jean 18,1,19-42
mercredi 12 avril 2006.
 

C’est un vrai bonheur de donner !

Le plaisir d’offrir est d’autant plus grand qu’on aime la personne à qui l’on offre, et aussi ce que l’on offre.

Mais Jésus s’offre à son Père dans un état épouvantable.

Avez-vous déjà été battus, sérieusement ? Vous êtes-vous sentis, un jour, humiliés avec cruauté ? Savez-vous ce que c’est que d’être trahi à mort par qui vous aimiez de tout votre coeur ?

Si un souvenir de ce genre se présente à votre mémoire, vous le reconnaissez aisément à ce qu’il provoque aussitôt en vous révolte et douleur.

Faire la part, dans le malheur subi, de sa propre faute, de l’injustice des offenseurs et de ce que l’on appelle le destin est le plus souvent une tâche et un tourment interminables.

C’est pourquoi l’on préfère simplement renier ces moments, les rejeter dans l’oubli. "Que les maudisseurs du jour l’exècrent !" s’exclame Job qui va jusqu’à haïr sa naissance pour mieux vouer au néant la fin détestable de sa vie.

Mais voilà que Jésus, en sa Passion, vient porter justement notre part maudite. Douleur, mépris, haine et désespoir, avec le péché, tout cela s’est abattu sur lui, et c’est ainsi chargé de misère qu’il s’offre à son Père.

Ne craignez donc pas d’offrir à Jésus le plus laid et le plus détesté de votre être : il l’accueille sur la croix afin de le porter jusqu’en sa chair ressuscitée et que tout vous soit rendu dans la vie éternelle.

La royauté de Jésus, parce qu’elle ne vient pas de ce monde, est pouvoir souverain sur la croix de recueillir dans l’amour la part morte de nos vies et d’en faire un présent à la gloire du Père. Laissons-nous guérir par ce roi-là de la haine de nous-mêmes, et nous pourrons nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés.

Enfants, offrez au Christ vos souffrances et vos peurs, aujourd’hui et toute votre vie. Offrez sans crainte ce que vous n’aimez pas, et vous connaîtrez dès maintenant la paix et la consolation jusqu’au coeur du malheur.

Car même dans la peine, et surtout dans le sacrifice, le bonheur est de se donner à Dieu.