Dimanche 11 juin 2000 - Pentecôte

Il suffit d’enlever le dépôt pour qu’apparaisse la pierre noble.

Actes 2,1-11 - Galates 5,16-25 - Jean 15,26-27 ; 16,12-15
mercredi 31 mai 2006.
 

Il suffit d’enlever le dépôt pour qu’apparaisse la pierre noble.

Deux villes englouties récemment découvertes au large d’Alexandrie, Héraclion et Ménouthis, donnent aux plongeurs émerveillés l’occasion de faire cette expérience émouvante : les monuments et les vestiges précieux endormis depuis treize siècles sous la légère couche de sédiments se révèlent à leurs yeux.

De même, les "inventeurs" de la grotte Chauvet n’eurent qu’à déblayer quelques cailloux pour retrouver sous la terre ce site prodigieux de peintures murales préhistoriques que l’on date maintenant, après beaucoup d’hésitations, d’environ trente mille ans avant le présent.

Il faut dire que cette découverte balaye les théories qui se représentaient l’histoire de l’humanité comme le lent déploiement d’une raison atteignant l’âge de la maturité seulement à l’avènement de la modernité. L’œuvre des peintres qui ont orné la grotte Chauvet manifeste un génie que rien ne permet de déclarer inférieur à celui des artistes des époques ultérieures.

Il suffit de quelques découvertes opportunes pour que, sous le voile malheureux de l’orgueil illusoire de l’Occidental moderne, réapparaisse l’évidence de l’unité et de la cohérence profonde des diverses civilisations à travers les âges et les continents, jalonnant l’histoire de l’humanité comme celle d’un chef-d’œuvre en perpétuel danger d’être englouti et perdu définitivement.

L’Esprit Saint, parfaitement, libère la Création, l’humanité en tête, du pouvoir de l’Accusateur qui la condamnait et voulait la détruire : il révèle sa grandeur et sa beauté comme ayant leur source dans la grandeur et la beauté du Créateur lui-même. C’est pourquoi il est appelé le Défenseur.

Il poursuit ainsi l’œuvre du premier Défenseur, qui est le Christ : lui, le Saint, n’a pas jugé sans valeur ce monde livré au pouvoir du péché, puisqu’il a donné sa vie pour le sauver. Défiguré, raillé et tué par les hommes, il les justifie en démasquant le Mauvais qui les tenait en son pouvoir, il les sauve en leur pardonnant, il les sanctifie dans l’Esprit.

Il a suffi que soit enlevé celui qui "a été fait péché" afin que nous soyons sauvés pour qu’apparaisse notre véritable nature glorieuse de fils de Dieu. Il suffit que, communiant à la Passion du Seigneur, nous acceptions d’être enlevés à nous-mêmes pour que se révèle en nous celui qui est le fondement et le Royaume à venir, le Fils de Dieu égal au Père dans l’unité de l’Esprit.