Dimanche 9 juillet 2000 - Quatorzième Dimanche

Qu’est-ce que je fais là ?

Ézéchiel 2,2-5 - 2 Corinthiens 12,7-10 - Marc 6,1-6
lundi 3 juillet 2006.
 

Qu’est-ce que je fais là ?

Quelquefois, on éprouve l’impression d’être présent pour rien. On est tenté, alors, d’attendre que cela se passe en maugréant plus ou moins contre la situation. Et si l’on se sent supérieur, on ajoutera dans un soupir : "Où suis-je tombé !"

Jésus ne réagit pas ainsi. Pourtant, devant l’incrédulité des siens, il "ne peut accomplir là aucune force", dit littéralement le texte grec : il est donc incapable d’accomplir sa mission. Comment ne se poserait-il pas de questions sur le sens de sa présence ? Mais, au lieu de hausser les épaules, il réfléchit à la lumière des Écritures, et il comprend : "Un prophète n’est pas méprisé, sauf dans sa patrie, sa famille, sa maison."

Il ne s’agit pas d’un proverbe que Jésus citerait. C’est plutôt cette phrase évangélique qui est passée ensuite en proverbe, mais en perdant toute sa force d’interprétation prophétique : Jésus comprend que le refus qui lui est opposé est celui-là même qui fut annoncé par la parole de Dieu, lorsque les prophètes envoyés à Israël trouvèrent en face d’eux un "peuple de rebelles".

Jésus ne dit pas alors, avec dépit :"Où suis-je tombé !" Il comprend qu’il est venu précisément rejoindre les hommes au plus bas de leur éloignement de Dieu, pour les en guérir. Et là où il sera tout à fait réduit à l’impuissance, sur la croix, là même il accomplira la plus grande "force" de l’histoire du monde : la rédemption universelle. Dans la faiblesse extrême du Fils de l’homme, la puissance de Dieu a donné toute sa mesure.

N’allons pas, frères, nous perdre dans nos sentiments de supériorité à cause de nos talents qui sont des dons de Dieu. Tous nous avons des défauts et des failles que nous préférons ignorer ou cacher. Nous sommes ici parce que Dieu, loin de nous mépriser, nous a aimés comme nous étions. Reconnaissons-le avec simplicité devant Jésus qui a pris sur lui toutes nos misères. Demandons-lui sa force, et il saura bien faire surabonder sa grâce jusqu’en notre faiblesse.