17 septembre 2000 - 24e Dimanche

Dites-moi oui !

Isaïe 50,5-9a - Jacques 2,14-48 - Marc 8,27-35
lundi 11 septembre 2006.
 

Dites-moi oui !

Cela vous est-il arrivé que quelqu’un vous déclare : " Je vais te demander quelque chose, mais dis-moi oui d’abord, ensuite je t’expliquerai de quoi il s’agit " ? Accepter d’avance, sans savoir quoi, c’est prendre des risques !

Au moins sait-on à qui l’on dit oui. Quoique, en fait, cela même ne soit pas si sûr. Une personne qui ose vous faire une demande aussi exigeante, jouant ainsi clairement le jeu de la séduction la plus résolue, vous apparaît sous un jour nouveau.

Lui dire oui, c’est se laisser séduire et consentir à un lien qui portera bien au-delà de la première demande. Mais, prendre des risques sans limites, se disposer à tenir son engagement à n’importe quel prix, cela n’appartient-il pas à l’amour, à ce feu invincible de douleur et de joie ?

À n’en pas douter, c’est par amour que les disciples de Jésus le suivent sur le chemin vers la région de Césarée de Philippe, dont ils doivent se demander pourquoi le maître les y mène : cette ville installée dans le site idyllique des sources du Jourdain, sur les pentes verdoyantes du Mont Hermon, symbolisait le triomphe du paganisme !

Au moins, savent-ils qui est celui qui leur demande de le suivre sans savoir où ils vont ? C’est la question du jour ! La réponse de Pierre est bonne : Jésus est le Messie. Autrement dit, il est le Christ. Encore faut-il bien comprendre ce que cela veut dire.

En réalité, ce titre est un "mot-valise", un mot coffre, un mot arche : il représente toutes les dénominations sous lesquelles Dieu annonçait à son peuple, au long de l’histoire de l’Alliance, celui qui devait accomplir toutes ses promesses. Jésus est "celui qui doit venir". Sa carte de visite n’est pas un roman, c’est toute la Bible.

Fils de l’homme, en particulier, était l’un de ces noms. Pourquoi Jésus reprend-il celui-là, plutôt qu’un autre, pour lever toute ambiguïté dans la confession de Pierre ? Parce qu’il est à la fois le plus divin et le plus humain : il évoque l’être qui vient "comme un Fils d’homme " sur les nuées du ciel, dans la vision de Daniel 7, mais aussi tout enfant des hommes, comme vous et moi, dans sa fragilité et sa faiblesse.

Jésus est vraiment Dieu, descendu du ciel, et vraiment homme, qui a vécu notre sort jusqu’à mort et passion. L’amour qui nous saisit lorsque nous le voyons dans la lumière de la vérité est vraiment divin, et nous sommes entraînés avec passion à le suivre sans conditions, quelle que soit l’épreuve, pourvu que ce soit avec lui.

Lui-même a suivi toute sa vie le chemin que Dieu lui a découvert : il a dit oui, d’avance et pour tout, il n’a été qu’Amen. C’est ainsi qu’il a accueilli et partagé l’amour du Père, dans sa chair d’homme jusqu’au bout.

C’est ce que Dieu lui-même offre et demande maintenant à chacun de vous : dites-lui oui.