24 septembre 2000 - 25e Dimanche

Sourire pour sourire.

Sagesse 2,12.17-20 - Jacques 3,16-4,3 - Marc 9,30-37
lundi 18 septembre 2006.
 

Sourire pour sourire.

J’ai souri à ces gentils enfants, et ils m’ont souri aussi.

Nous ne nous connaissons pas : peut-être êtes-vous méchants ? Ou peut-être le suis-je ? Au moins faut-il essayer de se prendre du bon côté. Et la meilleure manière d’inviter l’autre à offrir son bon côté, c’est de lui présenter le sien.

Si le sourire est communicatif, le mauvais regard l’est aussi. Le réflexe d’imitation marche dans tous les registres. Les enfants, en particulier, imitent tout ce que font les grands. Heureusement ! C’est grâce à cela qu’on peut les éduquer et les élever : ils veulent devenir grands.

Avez-vous jamais eu l’idée de punir un enfant parce qu’il travaille trop bien ? Comment donc imaginer que Jésus nous interdit de vouloir devenir grand, lui qui aime les enfants et nous les donne en exemple !

L’ambition, avec ses aspects d’admiration et d’émulation, est d’abord une bonne chose. Certes, elle peut mal tourner : si je veux être supérieur pour pouvoir piétiner les autres, c’est mal. Alors je dois revenir au bon côté des choses. Et le meilleur, dans le fait d’être grand, c’est qu’on peut accueillir et aider les petits.

Les papas et les mamans le savent bien : toute leur supériorité sur leurs enfants, ils ne l’utilisent pas pour les piétiner, mais ils la mettent à leur service, pour qu’ils deviennent grands à leur tour, et capables d’être parents.

Inutile d’attendre qu’ils soient adultes pour leur apprendre le plus important. Par exemple : tu connais la bonne réponse à toutes les questions, et tu la donnes le plus vite possible ? Apprends à te taire pour laisser un peu la parole aux autres, et tu seras encore plus grand.

Vous pensez peut-être que c’est plus facile de voir les choses ainsi quand on a tout pour soi, et que l’on connaît le bonheur bien plus que le malheur ?

Voyez Jésus. C’était le plus grand et le plus beau des enfants des hommes : il faisait des miracles merveilleux, il parlait comme personne, tous l’admiraient et le suivaient. Mais on l’a arrêté, humilié, raillé, battu et tué. Pourquoi ? Vous l’avez entendu prophétiser dans la première lecture : c’était par jalousie. Le mauvais côté de l’ambition, qui est rivalité et jalousie, conduit à la haine et au meurtre.

Dans le succès, Jésus a reçu tous ses pouvoirs et l’admiration reconnaissante des hommes comme un don de Dieu son Père, et il en a rendu grâce. Dans l’échec, la souffrance et la mort, il a reçu l’épreuve comme une mission de son Père, et il a rendu grâce aussi. Il s’est montré l’enfant confiant de Dieu, en toute chose, jusqu’au bout.

C’est pourquoi il y a maintenant un bon côté à toute chose pour nous, et c’est Jésus lui-même. Si nous sommes comblés, prenons ce qui nous est donné comme venant de la part de Jésus ; et si nous sommes éprouvés, accueillons l’épreuve comme en recevant Jésus lui-même en notre vie.

Alors, le plus étonnant, c’est que le meilleur du bon côté nous le connaîtrons justement dans l’épreuve. Car ce que Jésus a fait de plus grand, dans la fidélité à Dieu, ce fut sa passion par amour jusqu’à la mort. Pour cela, Dieu l’a ressuscité par l’Esprit Saint qui nous est maintenant donné grâce à lui.

À nous maintenant, dans la force de cet Esprit, de vivre en ce monde toujours tourné vers son bon côté, c’est-à-dire vers Jésus et sa présence prévenante de salut en faveur de tous les hommes. Alors nous vivrons toute chose comme lui, en rendant action de grâce pour grâce.

Et nous serons, pour Dieu, sourire pour sourire.