1er octobre 2000 - 26e Dimanche

Ah, si j’étais riche !

Nombres 11,25-29 - Jacques 5,1-6 - Marc 9,38-48
lundi 25 septembre 2006.
 

Ah, si j’étais riche !

Qui de nous n’a soupiré ainsi à l’occasion ? On imagine ce que l’on pourrait acquérir, transformer, ou réaliser, si seulement on en avait les moyens.

Mais les riches à qui s’adresse saint Jacques n’ont pas de ces soupirs-là, ils ne pensent qu’à une chose : tout garder pour eux-mêmes. Or, la simple sagesse humaine nous enseigne qu’une telle attitude est pure folie.

Ceux qui s’y connaissent, en matière de richesses, savent qu’il faut faire circuler les valeurs afin qu’elles se multiplient. L’homme d’affaires adroit sait investir pour obtenir des bénéfices et donner, en somme, pour recevoir.

Il en va de même pour les questions de pouvoir : le gouvernant vraiment habile saura multiplier les délégations de responsabilités pour mieux les exercer au sommet qu’il occupe. La jalousie de Josué est mal avisée.

Mais la sagesse humaine, si bonne et nécessaire soit-elle, est trop courte. D’abord, la tentation de tout prendre et garder pour soi est inhérente au désir d’avoir et de pouvoir de l’homme ; cette tentation est forte, et la chair est faible.

De surcroît, toute sagesse expire au seuil de la tombe. Ce n’est qu’en détournant son regard de sa propre fin pour le porter sur ses descendants et successeurs que l’on sait prolonger un bon usage des biens de ce monde. Les vivants peuvent en jouir, non les morts.

En Jésus, il n’y eut jamais rien d’impur. Et pourtant son pied, sa main et son œil furent pour lui des lieux de tentation comme pour nous tous. Tout simplement, sa chair, comme la nôtre, s’est révoltée devant la perspective d’être détruite.

Et Jésus n’a pas seulement abandonné un pied, une main ou un œil : il a donné toute sa chair en sa passion, pour notre salut. Il a sacrifié son corps très saint pour que les pécheurs soient sanctifiés. Il a versé son sang innocent afin que nous soyons purifiés.

Celui qui abandonne un pied, une main ou un œil à cause de Jésus et de l’Évangile entre déjà dans le Royaume par ce pied, cette main ou cet œil-là, perdu pour le Christ et donc sauvé avec lui.

Frères, ne cédons pas à contrecœur et de mauvais gré le minimum indispensable pour éviter le pire. Offrons joyeusement tout avec celui qui nous en a donné le pouvoir.

Ne gémissons pas comme les hommes pour une richesse qui ne donne pas la Vie. Partageons plutôt l’ardent désir du Fils que le soupir de Moïse annonçait :

Ah, vienne le temps où Dieu sera tout en tous !