8 octobre 2000 - 27e Dimanche

Le langage de l’amour fait volontiers le détail

Genèse 2,18-24 - Hébreux 2,9-11 - Marc 10,2-16
lundi 2 octobre 2006.
 

Le langage de l’amour fait volontiers le détail. Ah, comme tes pieds sont mignons, oh le joli nez que tu as, et tes yeux qui scintillent !

Mais, bien entendu, ces mots doux s’adressent à la personne dans le respect de son intégrité et l’amour de son mystère. L’idée de détacher du tout les détails préférés pour s’en emparer ne serait qu’une abomination.

De l’évangile d’aujourd’hui certains voudraient bien ne retenir que la fin, l’image du Jésus ami des petits-enfants, et oublier la condamnation du divorce et du remariage qui précède. Mais l’Évangile, comme l’ensemble de l’Écriture, doit être respecté dans son intégrité qui est celle de la personne même de Jésus, le Verbe incarné. C’est un seul et même Christ qui accueille si bien les petits et qui nous exhorte si ardemment à la justice et à la sainteté.

Pour la même raison fondamentale, appliquer brutalement un passage de l’Écriture à quelqu’un qui se trouve manifestement en cause est indigne de l’Évangile si ce n’est fait dans le respect et la considération de la personne tout entière.

En effet, aucun d’entre nous n’est un simple détail dont on pourrait avantageusement se passer. Chacun est absolument important pour Dieu : il a envoyé son Fils chercher quiconque était perdu.

Au commencement, il y a une personne humaine, créée à l’image de Dieu ; ensuite se déploient tous les aspects de sa constitution et de sa situation, dans son histoire personnelle et dans l’histoire universelle. Il faut s’adresser à une personne en considération de ce qu’elle est tout entière, et non comme à un cas abstrait.

De même, en réponse à la question des Pharisiens, Jésus remet le passage de l’Écriture qu’ils évoquent en perspective : il s’agit d’une disposition seconde, en vue d’un moindre mal dans certains cas de transgression de la loi fondamentale. Moïse n’a donc pas "permis de répudier sa femme", mais il a prescrit, en cas de répudiation, de rédiger un acte qui régularise la situation de la femme renvoyée car, sans cela, elle était pratiquement réduite au sort des prostituées.

Seul le regard intelligent de l’amour comprend, à la lumière de la Parole de Dieu tout entière, le mystère de chaque personne dans celui de l’humanité depuis Adam comme le mystère de la sanctification de l’homme tombé au pouvoir du péché grâce à Jésus mort et ressuscité.