15 octobre 2000 - 28e Dimanche

Si vous êtes tombés à l’eau, que faut-il faire ?

Sagesse 7,7-11 - Hébreux 4,12-13 - Marc 10,17-30
lundi 9 octobre 2006.
 

Si vous êtes tombés à l’eau, que faut-il faire ?

Surtout, bouger le moins possible, en espérant tenir assez longtemps pour voir arriver les secours. Vous pouvez être tentés de nager pour vous réchauffer, mais alors vous épuiserez rapidement vos réserves énergétiques et vous coulerez d’autant plus vite.

Sauf, bien sûr, si la côte, ou un flotteur assez sûr, semble assez proche : alors il faut essayer de l’atteindre de toutes ses forces. Mais malheur à celui qui se précipiterait sur un rivage inabordable ou une bouée percée !

L’homme qui accourt vers Jésus lui demande ce qu’il faut faire pour être sauvé. La première réponse qu’il reçoit est bien connue : il faut s’abstenir autant que possible des actes que la Loi interdit, en espérant être repêché par Dieu à la fin pour les fautes qu’on aura sans doute commises quand même.

Mais l’homme n’est pas satisfait : il espérait mieux. C’est pourquoi Jésus se met à l’aimer. Il reconnaît en sa démarche le mouvement de l’Esprit par qui le Père attire à lui tout homme venant en ce monde. Tu cherchais une arche de salut, une rive de vie éternelle, lui dit-il en substance, tu l’as trouvée : c’est moi.

Voilà donc, semble-t-il, encore une brève histoire qui finit bien : il ne reste plus qu’à fêter cela dans la joie et la bombance. Eh bien non. L’homme s’en va triste et assombri et Jésus se met à tenir des propos pessimistes. Pourquoi ?

Pourquoi Jésus dit-il et redit-il qu’il est difficile d’entrer dans le Royaume des cieux, et ensuite que c’est impossible ? Parce que le Christ a souffert et il est mort, et ensuite il est ressuscité.

Or, ressusciter est impossible à l’homme. Seul Dieu peut redonner la vie à celui qui était mort. Quant à souffrir la passion, c’est très certainement "difficile". Le mot grec employé par Jésus, "duskolos", signifie désagréable, maussade, pénible. Et se séparer de ses biens de toutes sortes, et pas seulement de son argent, est certes profondément désagréable.

C’est pourquoi rien ne nous oblige à penser que l’homme soit parti sans accepter l’invitation du Seigneur qui, lui-même fut sombre et triste à la veille de sa passion. On peut même, au contraire, estimer qu’il nous est donné en exemple, à nous qui voulons être sauvés.

En effet, il n’y a pas de salut final sans résurrection à la suite de Jésus. Et nul ne ressuscite en Jésus s’il ne meurt avec lui. Cette parole est certaine, et elle n’est pas "facile" : elle est un feu et une épée. Mais elle seule peut nous sauver.

Mes amis, nous sommes tous plongés dans cette vie trouble et vouée à la destruction où chacun essaie de durer le plus longtemps possible avant de finir par couler dans la mort commune. Allons donc droit à Jésus, plongeons avec lui par amour dans les eaux de son baptême.

N’ayons pas peur d’épuiser tous nos biens aussitôt qu’il nous le demande : nous connaîtrons la douleur de sa passion, mais c’est ainsi que nous serons proches de lui en cette vie périssable, et nous goûterons l’espérance du salut, cette espérance qui est déjà résurrection.