Dimanche 28 mai 2006 - Septième dimanche de Pâques - Baptême de dix enfants de l’Aumônerie et du catéchisme

Avec qui auriez-vous plaisir à transmettre la vie ?

Actes 10,15-26 - Psaume 102 - 1 Jean 4,11-16 - Jean 17,11-19
dimanche 28 mai 2006.
 

Ah, l’amour, le désir de s’unir... quelle puissante et profonde pulsion, à tout âge !

Mais si l’on donne la vie, il faudra garder les enfants. Et les garder du mal : la vie est si pleine de dangers. Il faut se protéger non pas contre la vie, mais contre les dangers.

Pour beaucoup de parents, le baptême est une protection de la vie. Mais, en fait, le baptême donne la vie encore plus. Or, plus de vie, c’est plus de danger, non ?

Le baptême donne la vie beaucoup plus, puisque, le recevoir, c’est recevoir la propre vie de Dieu le Père tout-puissant.

Là, deux questions se posent. D’abord, pourquoi le Père tout-puissant et pas la Mère ? Cette interrogation est bien d’aujourd’hui, plus que d’hier. Mais peut-être sera-t-elle moins lancinante demain qu’aujourd’hui. En tout cas, j’en profite pour souhaiter une bonne fête à toutes les mamans et les marraines, puisque c’est le jour.

Ensuite, deuxième question - à laquelle je vais d’ailleurs répondre en premier -, ne sommes-nous pas tous enfants de Dieu sans avoir besoin du baptême pour cela ?

Oui, tous les hommes sont enfants de Dieu. Hommes et femmes sont à parfaite égalité enfants de Dieu créés à son image. Mais la vie qu’ils ont reçue de Dieu est menacée, nous l’avons dit, par une multitude de dangers. En effet, elle est tombée au pouvoir du Mauvais.

La vie est bonne en elle-même, elle est joie de vivre, plaisir de vivre et bonheur de vivre. Ce qui est bien est bon, ce qui est mauvais fait du mal. Cette loi fondamentale de l’être n’est pas complètement effacée, Dieu merci, par les menées du “fils de perdition” qui est menteur et homicide dès l’origine. Mais le diable réussit quand même à brouiller tant de choses que parfois nous ne voyons plus clair : tant qu’il peut, il habille le mal des couleurs du désirable et fait paraître le bien haïssable comme la mort. Et nous tombons dans ses pièges trop souvent. C’est pourquoi cette vie a besoin d’être sauvée.

Aussi, lorsque les temps furent accomplis, le Père a envoyé son propre Fils, Jésus, qui est mort sur la croix pour sauver tous les hommes. Or, là où le péché avait perdu la vie, Dieu a fait plus que la relever, il l’a élevée incroyablement : quand nous recevons le salut par le baptême, Dieu nous reçoit comme son propre Fils éternel : nous devenons “fils adoptifs” de Dieu dans le Fils unique.

Cette expression nous choque parce que nous pensons qu’être “adopté” est moins bien. Or, c’est infiniment plus. Pensez : nous devenons pour le Père tout-puissant comme son propre Fils ! Ainsi le baptême est une nouvelle naissance.

Et qui donc nous porte en son sein pour que nous recevions ainsi la vie de Dieu, quelle est notre mère, quand Dieu se fait notre Père ? C’est l’Église, cette humanité que Dieu a voulu élever jusqu’à lui dans l’égalité pour s’unir à elle d’un amour éternel, quel scandale ! De cette dignité inimaginable la Vierge Marie est le signe et la réalité, elle qui est devenue la Mère de Dieu.

C’est la vérité ! C’est la parole de Dieu dans laquelle le Fils demande que nous soyons consacrés, la foi de l’Église. Vous l’avez entendu dans l’évangile : à la veille de sa Passion, Jésus prie son Père de se faire notre Père, de nous garder du mauvais et de nous sanctifier.

Confiance, donc, mes enfants, approchez-vous sans peur des fonts baptismaux pour professer la foi, car le Fils prie le Père de faire de vous ses enfants et de vous garder très précieusement ! Ne craignez rien : la loi d’amour de Dieu ne vous gardera pas contre la vie, mais pour la vie, et pour la vie éternelle.

Voilà la cause de notre joie d’aujourd’hui, de notre plaisir et de notre bonheur lorsque nous célébrons ce baptême où Dieu reçoit tous ces nouveaux enfants : il nous donne d’exercer la maternité spirituelle de l’Église, il nous donne part à sa paternité. Par la grâce du Fils et par la puissance de l’Esprit Saint il nous donne de transmettre avec lui sa vie divine, Alléluia !

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