Dimanche 11 juin 2006 - La Sainte Trinité - Profession de foi des jeunes de l’Aumônerie

Et un, et deux, et trois...

Deutéronome 4,32-34.39-40 - Psaume 32 - Romains 8,14-17 - Matthieu 28,16-20
dimanche 11 juin 2006.
 

Et un, et deux, et trois... Si vous êtes sensibles à l’actualité, ce début doit vous rappeler un certain jour de gloire où la France était heureuse comme si elle avait décroché toutes les étoiles. Mais depuis ce succès, il y eut d’autres essais dont certains furent moins brillants. Et aujourd’hui, il ne reste qu’à essayer encore.

Dans certaines disciplines on n’a droit qu’à trois essais : et un, et deux et trois. Manqués ? Éliminé. Dans d’autres domaines on peut recommencer tant qu’on veut, il suffit de réussir une bonne fois pour toute la vie. Le bac, par exemple. Ou bien “le permis”, celui de conduire, même si l’on n’est plus tout à fait assuré de le garder intact aujourd’hui. Et le mariage ? Laissons là le mariage pour l’instant, commençons par le baptême.

Vous l’avez entendu dans l’évangile, le Seigneur ressuscité envoie ses Apôtres baptiser au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ils se sont prosternés devant lui : c’était le geste pour dire qu’ils le reconnaissaient comme Dieu. Mais “certains eurent des doutes”, nous dit l’évangéliste. Si le Christ choisit des gens qui doutent pour faire des disciples, ça commence mal. En fait, le mot grec employé ici signifie plutôt des “hésitations”. Cela ne les empêchera pas d’obéir à l’ordre reçu : ils partiront et porteront du fruit.

La foi qui fait les disciples n’est pas une conclusion intellectuelle, mais une décision physique : celle de suivre Jésus reconnu comme Christ et Fils de Dieu, comme le Seigneur dont la parole est notre loi et la nourriture de notre vie éternelle. Cette décision se respecte et se renouvelle en bien des occasions, en particulier chaque fois que je vais à la messe, même si je n’en ai pas envie et que le beau temps m’incite à un autre programme. Chaque fois que je vais me confesser malgré le peu d’enthousiasme que m’inspire cette démarche. Chaque fois que je choisis d’agir ou de m’abstenir selon les voies de l’amour quoi qu’il m’en coûte, à cause de celui qui a donné sa vie pour nous.

Le baptême donne la foi, la vraie, celle qui connaît Dieu Un en trois personnes. Voilà un savoir reçu et reconnu qui vaut mieux que le bac. Le baptême est la porte d’entrée de tous les sacrements et le coup d’envoi d’une vie consacrée à l’amour dans la vérité : ce permis qui ouvre à toute grâce est le seul qui nous soit vraiment nécessaire pour nous conduire au salut. Le baptême est, comme le mariage et plus encore que le mariage, une alliance pour la vie. Alors, pourquoi dit-on qu’on baptise les enfants mais qu’ils choisiront quand ils seront grands ? Pourquoi pense-t-on que “la profession de foi” serait ce moment ?

Mes amis, les enfants non décidés dans la foi sont enfants de parents non décidés. Deux parents décidés donnent des enfants décidés. Un couple chrétien vivant son mariage dans la prière et la fidélité aux sacrements transmet avec toute l’Église la foi et la vie de disciples à ses enfants. Cela ne les dispensera pas de leur propre aventure d’hommes et de croyants, cela ne les garantit pas absolument contre les tentations du refus de toute espèce, mais il y a toutes les raisons d’être confiant pour eux.

Pour le mariage, il arrive qu’il soit brisé de façon irréparable : parfois il est devenu impossible de revenir à la fidélité aux promesses de son mariage. Mais, quant au baptême, il n’est jamais trop tard pour le recevoir ou pour commencer enfin à en vivre. Le bon moment pour s’y décider, si ce n’est déjà fait, c’est maintenant.

En cette fête de la Sainte Trinité, laissez tomber vos prétentions devant le mystère de Dieu : soyez assez raisonnables pour reconnaître qu’il vous dépasse. Mais entendez aussitôt l’offre incroyable qu’il vous fait d’entrer tout vivants dans son mystère. Il n’y a qu’une porte pour cela : c’est Jésus, celui qui est né de la Vierge Marie, qui est mort sur la croix et qui est ressuscité. Le reconnaître Fils de Dieu sauveur des hommes, c’est entrer dans la connaissance de son Père qui est aux cieux et dans la communion de l’Esprit Saint qui unit d’amour le Père et le Fils, jusqu’au jour où il viendra dans la gloire : alors nous le verrons tel qu’il est et nous serons semblables à lui.

Voilà le mystère de la Sainte Trinité : et un, et deux, et trois, et c’est parti pour la vie éternelle.