Mardi 15 août 2006 - Assomption de la Vierge Marie

Une mort heureuse

Messe de la Veille : 1 Chronique 15,3-4.15-16 ;16,1-2 - Psaume 131,7-10.13-14 - 1 Corinthiens 15,54-57 - Luc 11,27-28 - Messe du jour : Apocalypse 11,19a. et 12,1-6a.10ab - Psaume 44,11-16 - 1 Corinthiens 15,20-27a - Luc 1,39-56
mardi 15 août 2006.
 

L’expression n’est pas courante et l’on peut se demander ce qu’elle signifie, tant le rapprochement des deux termes semble choquant. Pourtant, la Bible nous offre bien des exemples d’hommes quittant les leurs très doucement, simple flamme s’éteignant lorsque tout est consumé. Parvenus à la vieillesse sereine au terme d’une vie comblée de jours, d’événements et de bénédictions, riches d’enfants et de petits-enfants, ils sont détachés de cette terre comme une moisson généreuse. Et la douleur de les voir partir se tait dans la paix de leur départ.

L’Ancien Testament relate ainsi la fin des patriarches et reste discret sur celle de leurs femmes, excepté la belle et tragique Rachel. Le Nouveau Testament ne dit rien de celle de Marie, la mère du Seigneur. Mais la tradition la plus antique et la plus vénérable atteste son élévation dans la gloire de son Fils au terme de ses jours terrestres. Les pèlerins de Terre Sainte visitent encore aujourd’hui le “Tombeau de la Vierge”, au pied du mont des Oliviers et, là comme ailleurs, ils professent le mystère de sa bienheureuse Assomption.

Sa vie fut humble et simple comme celle des petits du Seigneur, ses bien-aimés, comblée de grâces au sommet desquelles figure celle de concevoir et d’enfanter le Sauveur, et traversée de douleurs, surtout au jour où elle vit son fils sur la croix. Nous ne savons combien d’années elle vécut encore auprès du disciple à qui le Christ l’avait confiée en la lui donnant pour mère.

Mais ne pouvons-nous l’imaginer en sa vieillesse heureuse, offrant sans cesse au Père au milieu de ses enfants le Magnificat de toute la Création libérée du mal, ce chant mis amoureusement sur ses lèvres par la Miséricorde divine pour l’éternité ? Et s’éteignant ainsi, l’espace d’un instant où la mort délivrée de son dard venimeux se fit douce pour suspendre le souffle de la Mère des vivants tandis que les anges déjà la soulevaient d’enthousiasme.

Nous acclamons la mort terrible des martyrs qui sauvent le monde par le Christ et avec lui. Mais nous demandons pour nous-mêmes et pour ceux que nous aimons, si telle est la volonté divine, la bonne mort des fidèles qui s’en vont dans la paix, une mort heureuse dans les bras de la Mère de Dieu.