Dimanche 1er avril 2007 - Dimanche des Rameaux et de la Passion - Année C

“Des événements riches de significations”

Les Rameaux : Luc 19,28-30 — La Passion : Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Luc 22,14 à 23,56
dimanche 1er avril 2007.
 

“Des événements riches de significations” : cette expression n’est pas très française, nous dirions plutôt “très significatifs” ou “lourds de conséquences”. Mais elle est devenue familière à ceux qui ont beaucoup écouté ou lu Jean-Paul II s’exprimant dans notre langue ou traduit d’une autre. Or, à la veille du deuxième anniversaire de sa mort, voilà qu’on entend parler d’une guérison inexpliquée attribuée à son intercession : une sœur Marie Simon-Pierre, atteinte de la maladie de Parkinson, au point de ne plus pouvoir exercer son activité en maternité. Deux mois après la mort du saint-Père, en une nuit d’espérance malgré le désespoir, dans la prière portée par toute sa communauté, elle fut rendue au service des mères mettant au monde leurs enfants. Oui, ces événements sont riches de significations, comme ceux que nous commémorons en ce dimanche des Rameaux et de la Passion.

Cette année, c’est un comble, l’évangile des Rameaux n’en parle pas. Contrairement aux trois autres évangélistes, saint Luc ignore les frais branchages apportés par la foule pour saluer l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il mentionne seulement les vêtements qu’étendent les disciples sur l’âne, et les gens sur le chemin où s’avance le Seigneur. Il souligne ainsi, et par plusieurs détails, que Jésus est vraiment reconnu et accueilli comme roi, “intronisé”, par le peuple d’Israël dans son ensemble.

Une foule en liesse peut manifester avec exubérance son admiration pour un héros ou un artiste, cela ne veut pas dire qu’elle est prête à le suivre partout où il voudra la mener. Tandis que jeter son manteau en guise de tapis aux pieds du Souverain signifie l’hommage sans limites de sa personne, corps et biens, et la promesse d’une parfaite obéissance. C’est bien ce que démontre, en saint Luc, « la foule des disciples, transportés de joie et louant Dieu pour tous les miracles qu’ils avaient vus ».

En outre, dans ces textes de l’année C, le passage des Rameaux à la Passion n’est plus un contraste navrant, mais une transition logique. En, effet, Luc atténue pudiquement les aspects peu glorieux de la conduite des disciples en ces circonstances ; en revanche il s’efforce d’indiquer de bien des manières que le Christ est déjà suivi sur son chemin de croix. Ainsi, là où les autres parlent de deux malfaiteurs crucifiés avec lui qui l’insultaient aussi, Luc place à droite de Jésus son fameux “Bon larron”.

Cette version des événements où ceux qui y assistent veulent suivre le Seigneur sur son chemin peut nous plaire comme un miroir : ne sommes-nous pas rassemblés pour louer et servir le Fils de Dieu qui nous est donné comme roi par son Père ? Pourtant, elle fait aussi ressortir plus cruellement notre propre médiocrité de disciples : offrons-nous vraiment nos personnes en sacrifice avec celui qui a livré sa vie pour nous ? Un seul cœur qui se donne ne vaut-il pas mieux que mille palmes ou rameaux bénits ?

Voyez comme la fécondité du sacrifice de Jean-Paul II suivant le chemin de croix du Seigneur dans sa propre chair nous rappelle qu’aujourd’hui nous pouvons, nous aussi, porter du fruit pour notre monde qui souffre, un fruit de guérison et de vie, si nous répondons par l’amour à l’amour de Jésus.

Demandons la force de l’Esprit saint pour que cette liturgie qui nous rassemble soit riche de conséquences dans notre existence.