9 avril 2007 - Lundi de Pâques

J’ai trouvé la clef de toutes les énigmes !

Actes 2,14.22b-32 - Psaume 15,1-2a.5.7-10.2b.11 - Matthieu 28,8-15
mardi 10 avril 2007.
 

"J’ai trouvé la clef de toutes les énigmes" : comment cette déclaration ne paraîtrait-elle pas douteuse ? Déjà, si quelqu’un propose une panacée, un remède à toutes les maladies, il rencontrera beaucoup de scepticisme, quelque envie que la pauvre humanité accablée de maux ait évidemment de le croire. À plus forte raison s’il s’agit de prétendre englober d’un seul geste l’infinie variété des questions que l’homme peut se poser sur le monde et sur lui-même. D’ailleurs, les discours philosophiques qui se présentent comme de tels systèmes totalisants, si logiques soient-ils, sont d’autant plus abstraits et assommants qu’ils sont plus puissants.

Mais les Apôtres, Pierre en tête, ne tiennent pas un discours fumeux plein de prétention personnelle, non, ils annoncent un être bien concret, un homme que tous ont pu voir et entendre accomplir des merveilles, et qu’ils ont livré pour qu’il soit crucifié. De lui, Pierre dit que Dieu l’a fait Christ. Là encore, il s’agit d’un terme dont le contenu de réalité n’a rien à voir avec l’abstraction de concepts forgés par une imagination verbeuse : c’est toute l’histoire du peuple de Dieu et la matérialité de sa parole consignée dans les Écritures qui se trouvent invoquées et engagées dans la proclamation apostolique.

Au temps pascal, nous ne lisons plus l’Ancien Testament. Ne croyez pas que cela signifie la péremption du témoignage des pères à l’arrivée de la nouveauté évangélique, bien au contraire. Car c’est plutôt l’intégration plénière de l’Ancien dans le Nouveau que nous sommes invités à contempler, tout particulièrement dans le livre des Actes des Apôtres. Sans l’Ancien il n’y a pas de Nouveau, puisque le Nouveau s’entend comme la déclaration de la réalisation des promesses de l’Ancien en la personne de Jésus : il est le Christ !

Ainsi, Jésus est la solution de tous les problèmes de l’histoire humaine parce qu’il est la clef de toutes les énigmes de l’Ancien Testament. Trois d’entre elles, en particulier, peuvent représenter toutes les autres :

1. Dieu est le Vivant, il ne donne que la vie et n’a pas fait la mort. Comment peut-il être aussi celui qui a le pouvoir de la mort ?

2. Nul ne peut voir Dieu sans mourir, car sa sainteté est insoutenable pour l’homme faible et pécheur. Pourtant il s’est fait l’ami d’Abraham comme un homme est l’ami d’un autre homme, et il a parlé à Moïse face-à-face, tel un semblable à son semblable. N’est-ce pas invraisemblable ?

3. La vie que Dieu donne est un cadeau, elle est bonne, et la lumière est douce à nos yeux. Comment se fait-il qu’elle soit aussi une corvée pour l’homme sur la terre, dit Job, et même un fardeau pour le malheureux qui chaque jour n’aspire à qu’à la mort comme à la fin de ses souffrances ?

Oui, Jésus est la clef de ces énigmes. Il est le Fils que Dieu a donné jusqu’à la mort pour que nous soyons arrachés à la mort et au péché. Il est le Bien-aimé à l’image de qui nous avons tous été créés pour devenir un jour fils dans le Fils qui est semblable au Père. Il a pris notre corps de souffrance, lui qui était dans la condition bienheureuse de Dieu, pour que par ses plaies nous soyons guéris, pour qu’en souffrant avec lui pour un temps nous ayons part à sa gloire éternellement.

C’est pourquoi nous ne devons pas craindre les incrédules et leurs raisonnements spécieux ou mensongers. C’est pour eux aussi que nous devons tenir fermes dans la foi au Fils venu en notre chair.

En effet, Dieu l’a ressuscité. Ainsi, en Jésus Christ, dans son mystère pascal, toutes les contradictions auxquelles l’homme se heurte tragiquement sans cesse comme un condamné aveuglé aux murs de sa prison deviennent la solution à tous ses maux. Alléluia !