Septième dimanche de Pâques - Première communion des enfants du catéchisme

La première tétée du bébé prépare parfaitement toutes les suivantes

Actes 7,55-60 - Psaume 96,1-2.6-7.9 - Apocalypse 22,12-14.16-20 - Jean 17,20-26
dimanche 20 mai 2007.
 

La première tétée du bébé prépare parfaitement toutes les suivantes. Ce n’est pas d’abord du lait qu’il tire du sein de sa mère, mais le colostrum, un liquide riche en protéines et en vitamines, avec plein de bonnes choses en plus pour disposer le nouveau-né à sa nouvelle façon de s’alimenter. En même temps, cette première tétée déclenche la lactation chez la mère : seulement s’il commence, elle aura du lait pour lui ensuite. La nature est bien faite.

C’est pour cela que le pain et le vin qui vont être apportés dans un moment sur cet autel sont “naturels” : c’est la seule exigence pour qu’ils conviennent à la célébration de l’Eucharistie. Parfois les gens s’imaginent que le “vin de messe” doit être très spécial, et ils aimeraient en goûter. Mais, précisément, ce vin ne doit pas être spécial, pas plus que le pain : il faut que ces aliments soient “normaux”, sans rien de trafiqué ou d’arrangé, qu’ils soient naturels et sincères.

C’est pareil pour vous, les enfants, qui vous apprêtez à communier pour la première fois, et pour vous, tous les autres, qui envisagez de vous approcher de cette sainte table aujourd’hui. Car, si le pain et le vin sont certainement changés au corps et au sang du Christ dans la célébration du mystère, en revanche, il n’est pas certain que ceux qui les mangent en profitent. En effet, le pain vivant qui est le corps du Christ doit être reçu dans la vérité de la foi, sinon la communion est pour rien, ou pour pire.

Quel nourrisson qui vient de téter pour la première fois ne veut pas recommencer bientôt, et encore et encore ? Une communion qui ne donne pas envie de communier encore bientôt, au moins dès le dimanche prochain, même s’il faut sacrifier quelque chose, n’est pas vraie.

Quel bébé que sa mère nourrit ne s’attache pas à elle passionnément ? Une communion qui n’attache pas à l’Église et ne donne pas le désir de la respecter, de la servir et de l’aimer en aimant tous les autres qui communient n’est pas vraie.

Quel enfant qui s’alimente régulièrement ne grandit pas et ne se fortifie pas, avec grand désir et besoin d’agir et de parler, et de prendre sa place dans le cercle de la famille et de la société ? une communion qui ne vivifie pas le corps ecclésial pour qu’il rayonne et donne envie de croire à tous les hommes n’est pas vraie.

Vous avez entendu l’évangile : la communion signifie s’unir au Christ, le Fils de Dieu, le Prince de la Vie. Comment entrer dans cette unité en vérité sans la désirer toujours plus profonde et renouvelée ? Comment la recevoir sans recevoir aussi l’amour de l’Église que Jésus a aimée jusqu’à donner sa vie pour elle ? Comment répondre à son appel sans que soit exaucée par le Père sa prière ardente pour que nous soyons un et que le monde croie ?

Et comment cela pourrait-il se faire si nous-mêmes ne croyons pas en communiant ? Vous, les enfants, je suis témoin que vous avez été bien préparés à ce moment par les prêtres et les catéchistes, et par tous les chrétiens qui vous ont entourés de leur affection et de leur prière, et que ces vêtements de beauté et de clarté que vous portez en signe de la dignité de votre baptême ne sont pas mensongers. Nous qui avons exercé pour vous la maternité spirituelle de l’Église, et aussi la paternité spirituelle (parfois même il faut élever la voix quand on exerce la paternité, mais ensuite on s’en trouve bien, n’est-ce pas ?), nous vous avons transmis ou conforté la foi, fidèlement.

Aujourd’hui donc je vous le dis à vous comme à tous : croyez que Jésus est mort sur la croix pour nous libérer du péché et de l’incroyance, qu’il est ressuscité pour nous donner l’Esprit saint, l’Esprit qui unit le Père et le Fils, et tous ceux qui le reçoivent, qu’il est monté aux cieux pour nous ouvrir “une voie nouvelle et vivante” (Vous vous souvenez, c’était jeudi, jour de l’Ascension, où l’on va à la messe comme un dimanche ?), la voie d’une vie d’amour plus fort et plus grand que tout ce que l’homme pouvait imaginer.

Pourquoi attendre la déception inévitable d’une communion sans foi sincère pour envisager de recevoir enfin le don de Dieu pour de bon ? Certains d’entre vous, mes amis qui êtes venus ce matin pour la circonstance, n’ont peut-être jamais fait d’acte de foi, peut-être ne les y a-t-on jamais invités, peut-être n’en ont-ils jamais eu l’idée.

Et si aujourd’hui était pour vous l’occasion d’une première fois qui vous préparerait à toutes les suivantes ? Qu’il en soit ainsi, à la gloire de Dieu. Amen.