Dimanche 3 juin 2007 - Sainte Trinité - Profession de foi des collégiens

Tu brûles, tu brûles... tu te refroidis, tu gèles...

Proverbes 8,22-31 - Psaume 8,4-9 - Romains 5,1-5 - Jean 16,12-15
dimanche 3 juin 2007.
 

"Tu brûles, tu brûles... tu te refroidis, tu gèles..." Le joueur en mouvement se laisse ainsi guider en toute confiance par une personne qui sait, elle, où se trouve l’objet bien caché au regard.

La recherche scientifique ressemble au jeu de cache-tampon. Pour ne parler que de sujets qui nous passionnent, voyez la question de l’origine de notre monde.

Les astronomes observent, les physiciens calculent, et la théorie du big-bang s’ensuit qui nous décrit l’univers en expansion. On évalue même sa masse totale. Et là, on tombe sur un petit problème : il nous en manque les trois-quarts pour que les observations concordent. Alors on invente la matière noire, et l’énergie noire, et tout le monde y croit, bien que personne ne les voie. Mais, récemment, des astrophysiciens proposent une autre théorie : il suffirait de revoir un peu les lois de la gravitation pour que tout s’arrange. Néanmoins, aux dernières nouvelles cette proposition s’avère moins alléchante que prévu.

Ou encore, voyez la question de l’origine de l’homme. À l’aide de la théorie de l’évolution, on échafaude un scénario bien continu. Mais de nouvelles découvertes de fossiles, là où on ne les envisageait pas, remettent tout en question.

Le plus étonnant, c’est que nous croyons tous dur comme fer à la dernière théorie qui nous atteint par la vulgarisation des médias : c’est la vérité, puisque c’est scientifique ! Non, il y a plus étonnant encore. La recherche avance comme un joueur de cache-tampon, tour à tour se réchauffant et se refroidissant selon qu’il se rapproche ou s’écarte du but. Mais qui le guide, ce joueur trop humain ? En effet, aucun mortel ne sait où est “l’objet”. Pourtant, quand nous contemplons les merveilles de la nature telles que les décrit si poétiquement l’auteur du livre des Proverbes, nous avons l’intuition que tout cela constitue un “monde”, un cosmos, et que nous pouvons le connaître. En fait, nous croyons à la raison et à la réalité, comme qui dirait à Dieu. Mais Dieu, le monde ne le connaît pas.

Et vous, mes frères ? Vous, vous le connaissez. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Seigneur : « L’Esprit de vérité, le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. » Ce verset (Jean 14,17), vous l’avez presque entendu dimanche dernier à la messe de jour de la Pentecôte. Je dis “presque” parce qu’il est justement “sauté” dans le découpage liturgique. Mais aujourd’hui, vous avez entendu cette expression, employée pour la deuxième fois par l’évangéliste Jean dans ce chapitre 16 qui reprend et “relance” le chapitre 14 : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. »

Chrétiens, nous sommes comme des joueurs guidés par l’Esprit qui nous dit : « Tu brûles, tu brûles... tu te refroidis, tu gèles... » selon que nous nous approchons ou nous écartons du Christ, ce Jésus vrai Dieu et vrai homme qui est la vérité, le chemin et la vie. Où est-il donc en ce monde, lui qui est mort et ressuscité, et monté aux cieux pour s’asseoir à la droite de Dieu le Père tout-puissant de qui il est né de toute éternité ? Il est lui-même la Parole, lorsque nous l’écoutons ici proclamée. Il est présent au plus haut point en son corps et son sang qui nous sont donnés en communion à cet autel. Il est aussi avec tout homme qu’il nous est donné de rencontrer, surtout celui qui souffre et qui attend de nous aide ou soulagement. C’est ainsi que le Fils de Dieu est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde comme il nous l’a promis.

La foi, frères bien aimés, c’est la confiance en l’Esprit Saint qui nous guide vers la vérité tout entière. Et cette confiance en l’Esprit signifie d’abord la confiance en l’Église, et la fidélité à notre baptême reçu en elle et par son ministère. La foi n’est pas une opinion personnelle, mais ce don confié par Dieu à Église pour qu’elle l’offre à tout homme afin qu’en le recevant, et par une vie fidèle à l’Évangile, il parvienne à la connaissance de la vérité tout entière, qui est Dieu lui-même, Père, Fils et Saint Esprit qui ne font qu’Un.

Pourquoi le monde ne croit-il pas ? Parce qu’il est attaché au péché, et qu’il préfère nier Dieu plutôt que de devoir renoncer à ses satisfactions. Il préfère ainsi les ténèbres à la lumière. Pourquoi croyons-nous si mal ? Pour la même raison. Ainsi nous nous détournons du Christ et du feu de son amour pour nous enfoncer dans le désert glacé de l’orgueil et de l’égoïsme qui nous perdent.

Pourquoi ne pas revenir ? Cessez donc de vous refroidir et de geler, écoutez la voix de l’Esprit, tournez-vous vers celui qui a donné sa vie pour vous sur la croix, cette croix qui révèle le péché qui nous tue et le pardon qui nous ressuscite. Formons donc ensemble une Église digne de son Époux, qui entende l’Esprit lui dire : « Tu brûles, tu brûles de l’Amour même de Dieu, et bientôt tu seras tout entière unie à lui pour toujours. »