Dimanche 17 juin 2007 - 11e dimanche C - Jubilé sacerdotal du Père Li : 60ème anniversaire de son ordination !

« Quand je me considère, je me désole, mais quand je me compare, je me console. »

Isaïe 12,7-10.13 - Psaume 31,1-2.5.7.10-11 - Galates 2,16.19-21 - Luc 7,36 à 8,3
dimanche 17 juin 2007.
 

« Quand je me considère, je me désole,

Mais quand je me compare, je me console. »

C’est la maxime des mauvais sujets. Ils savent bien, au fond, qu’ils ne sont pas bons ; mais ils trouvent toujours pire qu’eux, et ça les tranquillise.

Cette attitude n’est pas recommandable. Allons-nous chercher à en prendre le contre-pied ? Par exemple : « Quand je me considère, je fais le fier, mais quand je me compare, je me désempare » ? Rien d’emballant, n’est-ce pas, on sent bien que ça cloche. Peut-être faudrait-il renoncer tout simplement à se comparer.

Pourtant, Jésus ne fait-il pas une comparaison dans sa petite parabole à Simon ? L’interprétation est transparente : la femme est une pécheresse à cinq cents pièces et le pharisien à cinquante seulement. Pardonnée, elle montre dix fois plus d’amour que lui.

Obnubilés par nos comparaisons, nous oublions seulement le plus important : que le créancier a remis sa dette à chacun, que le Seigneur veut pardonner à tous.

L’exemple de David doit nous alerter : lui avait commis un péché à cinq mille, au moins. Or, à peine a-t-il compris et reconnu sa faute, aussitôt le prophète le déclare pardonné. Il faut bien dire que la miséricorde divine est scandaleuse !

Les spectateurs chez Simon s’étonnent de voir Jésus pardonner les péchés. Mais ici, il s’est prononcé seulement en prophète : voyant l’amour de la femme, il a reconnu les effets de la grâce divine.

Ce que nous refusons toujours d’admettre, c’est ce que dit saint Paul aux Galates : que l’on devient juste par la foi en Jésus Christ, que c’est notre cas à tous. Pourtant, le pharisien avait reçu aussi cette grâce, lui chez qui Jésus était entré pour prendre place à table avec lui.

Il ne s’agit pas de renoncer aux comparaisons, mais de faire les bonnes. Bien sûr, il y a parmi nous de terribles pécheurs convertis et des gens bien qui semblent n’avoir jamais eu besoin de conversion. Pourtant, toute conduite véritablement bonne est amour en acte, et tout amour est réponse d’action de grâce à la miséricorde de Dieu qui ne nous a pas abandonnés au péché. Croyez-vous cela ?

Si nous partageons la foi en Jésus Christ, cette foi qui nous a sauvés et qui nous inspire de nous aimer les uns les autres, ayons l’esprit de penser et d’agir selon cette foi.

Dans la foi, personne n’aura plus l’idée de jeter sur le péché d’autrui un regard où il se rassure sur son propre état qui serait moins grave. Au contraire, il aura à cœur de montrer au frère pécheur le chemin de la sainteté, avec la même miséricorde que le Seigneur.

Dans la foi, nous ne craindrons pas d’admirer et de louer ceux d’entre nous qui manifestent plus clairement par leurs œuvres l’amour de Dieu qui a fait grâce à tous.

Par exemple, le cher Père Li dont nous fêtons aujourd’hui soixante ans de ministère sacerdotal, et tant de bienfaits reçus par ses mains : tant pis si je l’embête un peu par ces éloges, j’ai confiance en lui, il saura bien les faire remonter à qui de droit et ne pas s’en laisser embarrasser plus que cela. Justement parce qu’il les mérite, il sait bien ce qu’il en est de lui-même et du Seigneur dans l’affaire.

Que chacun, donc, se désole en se considérant lui-même : ne sommes-nous pas tous encore pécheurs ? Et cela n’est-il pas désolant ? Mais, tous ensemble, comparons le mal de nos péchés à la grâce divine qui nous en libère : n’est-elle pas surabondante ? Oui, dans l’Eucharistie, recevons joie et consolation de cette comparaison qui nous tourne vers le Christ, le Saint de Dieu, et vers tous les saints qui ont cru en lui au point d’aimer comme lui à leur tour.