Dimanche 12 août 2007 - 19e dimanche de l’année C

Chez qui vous habillez-vous ?

Sagesse 18,6-9 - Psaume 32,1.12.18-20.22 - Hébreux 11,1-2.8-19 - Luc 12,32-48
dimanche 12 août 2007.
 

"Chez qui vous habillez-vous ?" La question s’adresse discrètement à quelqu’un dont l’élégance enviable donne l’idée qu’on pourrait l’imiter si l’on connaissait l’adresse. L’élégance, au demeurant, est toujours d’abord une affaire de justesse : être “fit”, en rapport harmonieux avec les circonstances, le climat, la situation, les gens. Elle n’est pas la même pour tous, elle dépend de la personnalité et de la position de chacun.

Par exemple, la tenue de service sera-t-elle semblable, en toute occasion, pour le militaire, pour le banquier, pour l’ambassadrice, pour le laboureur, pour le roi, pour la soubrette ou pour le forgeron ? Par-delà l’évidence des cas les plus simples, il faudra bien souvent faire un effort de réflexion et d’imagination pour se vêtir convenablement. Pensez, entre autres, aux trésors d’ingéniosité et d’activité que déploient dames et jeunes filles pour se préparer à certains mariages.

Si le vêtement mérite de nous mobiliser ainsi à l’occasion, combien plus la “tenue de service” dont parle Jésus dans l’évangile. De quoi peut-il s’agir concrètement dans notre existence quotidienne, puisque aussi bien il nous faut la porter tout le temps ? L’évangile, au début, parle d’aumône, terme qui recouvre en fait toutes espèces de “bonnes œuvres” dont il faut que nous soyons revêtus pour ne pas être trouvés nus, comme dit quelque part l’Apôtre. En somme, nous devons chercher en quoi et à quoi nous pouvons servir, pour l’amour de Dieu et du prochain dans l’espérance du Royaume.

Les figures illustres de saints ayant exercé une activité caritative, comme saint Vincent de Paul ou Mère Térésa, nous montrent bien que ceux qui sont vivement poussés par l’amour ne se contentent pas de répondre parfois favorablement à quelque solliciteur. Ils vont au-devant des besoins et des détresses, ils entreprennent de soigner et de réconforter ceux que tout le monde avait oubliés. Le service des pauvres et des malheureux les presse, ils configurent leur vie entière à la nécessité de l’accomplir.

Tout le monde n’est pas appelé à la même consécration de soi au soulagement des pauvres, mais personne ne peut se tenir quitte de « la loi divine selon laquelle les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire » au prix de quelques petits dons par-ci, par-là, tandis que son existence est surtout occupée à la poursuite de multiples objectifs de satisfaction personnelle. « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » : craignez de ne récolter à la fin que des mites, des vers et de la rouille.

Encore une fois, il ne s’agit pas que tous imitent précisément le petit pauvre d’Assise ou Charles de Foucauld. Les façons de servir sont diverses et les figures de saints innombrables qui nous offrent autant de modèles de dévouement à de bonnes causes. Pourquoi ne pas chercher activement celui ou celle par qui le Seigneur veut vous parler et vous appeler à le suivre ?

Si vous ne cherchez pas ce que vous avez à faire de bon, vous pourrez toujours essayer de vous compter parmi ceux qui « ne connaissant pas la volonté de leur maître n’ont mérité, et ne recevront, qu’un petit nombre de coup ». Mais quel piètre objectif ! Bien sûr, si vous trouvez, il faudra bien vous mettre en action, faute de quoi vous mériteriez sans doute, et vous recevriez, un grand nombre de coups. Mais pourquoi vous arrêter à cette éventualité ?

Alors, cherchez plutôt dans votre entourage des personnes qui ont déjà un peu trouvé leur voie pour « rester en tenue de service », et demandez-leur sans tarder : « Chez qui vous habillez-vous ? »