Dimanche 7 octobre 2007 - 27e dimanche de l’année C

Y aura-t-il un jour sans nuit ?

Habacuc 1,2-3 et 2,2-4 - Psaume 94,1-2.6-9 - 2 Timothée 1,6-8.13-14 - Luc 17,5-10
dimanche 7 octobre 2007.
 

Y aura-t-il un jour sans nuit ?

Ça paraît difficile !

Quand ça paraît trop difficile, que faire ? Chercher un supplément de pouvoir ?

C’est ce que font les Apôtres. S’ils demandent une augmentation de foi, c’est parce que le Seigneur vient de leur ordonner le pardon des offenses sept fois par jour. Une sacrée commande, n’est-ce pas ? Et donc un sérieux motif de réclamer un supplément, non ?

Et pourtant, ils s’attirent une réponse cinglante.

« Obéissez, leur dit Jésus, un point c’est tout ! Et pas de récriminations ni de revendications. »

En Égypte, déjà, Pharaon imposa aux Hébreux de fabriquer chaque jour autant de briques mais sans qu’on leur fournisse la paille. Et comme ils protestaient, il leur fut rétorqué : « Faites ce qu’on vous dit, vous êtes des paresseux ! »

Jésus le rappelle à ses Apôtres, l’esclave ne mérite aucune récompense, il est obligé de faire tout ce qu’on lui ordonne et, quand il a fini, il n’a qu’à disparaître puisqu’il est devenu inutile.

Ah, la condition d’esclave est dure.

Et Jésus s’y connaît : il est maître en la matière.

Lui qui était dans la condition de Dieu, il a pris la condition d’esclave : il s’est anéanti en devenant homme et il s’est abaissé en se faisant obéissant jusqu’à la mort de la croix.

Vous demandez la foi et ses pouvoirs ? Voilà la foi ! Voilà la foi à l’état pur. La quintessence de la foi, c’est l’obéissance pure et simple, jusque dans la nuit opaque de la détresse et de l’absence. Ce n’est pas peu de foi que de croire ainsi comme Mère Teresa et tant d’autres avant elle, bien au contraire ! Tous, ils ont suivi le chemin de Jésus Christ, celui qu’il a pris pour nous ouvrir le ciel.

Quand s’approchait l’heure terrible, l’heure des ténèbres, lorsque ses adversaires s’exaspéraient et complotaient sa mort tandis que ses disciples s’enfonçaient dans l’incompréhension (rappelez-vous qu’il est ici en chemin vers Jérusalem d’où il ne sortira que pour mourir), Jésus a-t-il demandé à Dieu : « Augmente mes pouvoirs » ? S’est-il plaint : « Tu m’as envoyé annoncer la Bonne nouvelle, mais ils résistent, c’est trop difficile » ? Il a dit : « Non pas ma volonté, mais la tienne.

Parce qu’il s’est abaissé, Dieu l’a exalté. Le grain tombé en terre a porté beaucoup de fruit. L’arbre qui donnait la mort est devenu l’arbre de vie. Déraciné, il s’est planté dans la mer, c’est-à-dire au milieu de notre monde de souffrances et d’injustices, pour y porter la paix et le salut.

Tel est le chemin auquel les Apôtres sont appelés pour fonder l’Église en tout lieu, comme une fontaine de grâces pour le salut du monde qui allait à la mort.

C’est trop difficile ? C’est impossible, oui ! Aucune augmentation de pouvoir n’y suffirait.

Mais la foi pure, la foi nue, dépouillée jusqu’à l’obéissance du martyre, est le grain où réside la toute-puissance de l’Amour. Elle est la nuit qui contient la lumière. Quand nous revêtons l’habit de service jusqu’à nous faire l’esclave de Dieu et de nos frères dans la fidélité à la Parole, c’est la condition divine du Fils unique que nous revêtons.

En notre temps, il n’y a pas de jour sans nuit, pas de fruit de salut sans son prix de martyre, pas de puissance de la résurrection sans le passage par la croix. Le temps viendra où le Christ apparaîtra dans sa gloire. Alors brillera le jour qui ne connaît pas de déclin. En l’attendant, nous devons le hâter par notre obéissance totale à la parole du Seigneur. Lui-même nous le promet : aucune de nos épreuves ne sera endurée dans la foi sans porter au monde l’amour de Dieu.

Dans le Christ, il n’y a pas de nuit sans son jour qui vient.