Dimanche 4 novembre 2001 - 31e dimanche de l’année C

Qu’est-ce que vous avez fait de beau pendant ces vacances ?

Sagesse 11,23 à 12,2 - Psaume 144,1-2.8-11.13-14 - 2 Thessaloniciens 1,11 à 2,2 - Luc 19,1-10
dimanche 4 novembre 2007.
 

Qu’est-ce que vous avez fait de beau pendant ces vacances ? C’est vrai que tout le monde n’était pas en vacances, mais il y a eu au moins la Toussaint, et certains ont pu faire le pont.

Quant à moi, je suis parti sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle avec un groupe de familles. Ce fut un merveilleux pèlerinage, nous avons vu des choses très intéressantes et, comme il a fait très beau tout le temps et que nous avons marché vers le sud-ouest, nous sommes revenus avec des couleurs.

Au fait, qu’est-ce qui est plus beau : partir en vacances plus ou moins pieuses, ou rester pour travailler ? Qu’est-ce qui est plus chrétien ?

Par exemple, dans la cathédrale du Puy en Velay, suspendue en l’air par des fils invisibles à l’entrée du chœur, resplendit une croix de verre. L’artiste, nous explique-t-on, a voulu utiliser le même matériau que celui de la pyramide du Louvre, mais pour faire "quelque chose de chrétien". En tout cas, sertie de métal doré, elle est un vrai bijou. D’ailleurs, dans l’ensemble, l’édifice, bien que très ancien, brille comme un sou neuf à l’intérieur. C’est l’effet de l’importante restauration de ces dernières années.

Pour atteindre la cathédrale du Puy, d’où nous sommes partis, située au sommet d’un pic rocheux surgissant de la vallée, il faut monter de nombreuses marches. En revanche, c’est de haut qu’il faut descendre, à flanc de ravin, pour découvrir Conques, où nous sommes arrivés. Zachée aussi, aujourd’hui, doit descendre pour accueillir Jésus, et avec quelle joie !

L’abbatiale de Conques est un vraie merveille de l’art roman, un vaisseau puissant et simple qui aspire l’âme de l’homme au plus haut de ses voûtes de pierre claire. Mais avant même de pénétrer dans la nef on est saisi à l’entrée par le jugement dernier sculpté au tympan, si proche et si parlant dans ses détails, et tout entier empreint de l’humaine et divine, de la bouleversante majesté du Christ siégeant en son centre. Les couleurs passées de cette vision si touchante nous rappellent qu’elle s’offrit neuve, voici neuf siècles, aux regards de ceux dont nous suivons les pas aujourd’hui. Et l’émotion pure qu’elle nous procure n’est pas moins nouvelle.

Qu’est-ce qui est plus purement chrétien ?

Zachée, figurez-vous, est l’équivalent grec de l’hébreu Zakkai, "le Pur". Quel drôle de nom pour un chef des collecteurs d’impôts, autant dire, selon les critères religieux à l’époque du Seigneur, un impur de première. De plus il était riche et chef, circonstances aggravantes en la matière. On comprend la réaction des spectateurs de sa conversion éclair, disciples aussi bien que pharisiens : "Voyant cela, tous récriminaient", écrit l’évangéliste Luc.

La scène est d’autant plus scandaleuse que Zachée a, dans cet épisode, tous les honneurs, au point qu’il occupe pratiquement la position du Père éternel : Jésus" lève les yeux" vers lui et déclare qu’il veut aller demeurer chez lui ! Et ce n’est encore qu’un pécheur, qui ne manifestera qu’ensuite, de sa propre initiative, l’intention accomplir certains actes bons.

Un seul acte, donc, est "purement" chrétien : accueillir en soi le Christ, Parole de Dieu et salut de l’homme, don parfait de la miséricorde divine. Tout le reste vient par surcroît, en particulier toute œuvre bonne coule de cette source pure comme un cadeau, une grâce de plus.

Mais, pour cela, il nous faut descendre, rejoindre le Fils tout en bas, là où lui même s’est fait semblable à nous pour que nous devenions semblables à lui. De tous nos titres de grandeur ou de mérite il nous faut toujours à nouveau nous dépouiller pour recevoir sans cesse la seule gloire que rien ne ternira jamais, celle de la croix du Fils, œuvre de l’amour du cœur de notre Dieu.

Au moment même où Jésus Christ nous voit disposés à le recevoir, nous sommes pour lui semblables à son Père qui seul peut nous attirer à lui. Cette ressemblance prodigieuse, dignité qui surpasse tout ce que nous pouvons imaginer, n’est le fruit d’aucune œuvre de notre part mais le don absolu du Dieu tout-puissant qui engendre le Fils de toute éternité. Alors nous pouvons être semblables à notre Père des cieux aussi par la bonté et la justice de nos actes.

Que voulez-vous de plus beau que cet Esprit merveilleux qui continue d’accomplir en nous toute sanctification ?