Dimanche 18 novembre 2001 - 33e dimanche de l’année C

Il va falloir muscler tout ça

Malachie 3,19-20a - Psaume 97,5-9 - 2 Thessaloniciens 3,7-12 - Luc 21,5-19
dimanche 18 novembre 2007.
 

Il va falloir muscler tout ça. Toute discipline commende par là : il faut être plus fort pour pouvoir aller plus vite, plus haut, plus loin. Le paradoxe de la force est que plus on l’exerce, plus on la développe, plus on la dépense, plus on en gagne. Tandis que si l’on passe sa vie à se reposer de ne rien faire, on s’avachit. Si, en plus, on se bourre tout le temps de n’importe quoi, on fait une mauvaise graisse sous laquelle bientôt l’on croule.

Alors, pourquoi regardez-vous votre horoscope ? Pourquoi écoutez-vous les voyants, devins et autres charlatans ? Pourquoi prêtez-vous l’oreille à toutes sortes de croyances venue de l’Orient ou du Midi ? Et pourquoi négligez-vous de prier ?

Avez-vous oublié que vous êtes au Christ ?

Attention : rappelez-vous le Temple. Au temps du Seigneur, au milieu de Jérusalem, il était plus beau et plus riche que jamais, et les disciples l’admiraient. Et voilà que Jésus annonce son écroulement complet ! En vérité, c’est historique, le Christ a prophétisé la chute de Jérusalem qui eut lieu en l’an 70 de notre ère, comme Jérémie l’avait fait pour la destruction du sanctuaire par Nabuchodonosor en l’an 587 avant Jésus Christ.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi réprouver les prédictions des uns et recommander celles des autres ?

Le prophète du Seigneur n’est pas comme les hommes qui cherchent à obtenir la gloire de ce monde en multipliant les oracles obscurs et vagues dans l’espoir que l’un ou l’autre pourra sembler s’être réalisé. Il dit, de la part de Dieu, quelque chose de précis : si vous ne vous convertissez pas, si vous ne revenez pas de votre conduite mauvaise, alors la présence du Seigneur se retirera de vous, et vous tomberez. Jésus, comme Jérémie, a averti Jérusalem avec larmes, mais ils ne l’ont pas écouté.

Le Temple n’était déjà plus la maison de prière du Très Haut quand il luisait comme une caverne de brigands. Sans la présence de celui qui seul justifiait son existence il ne pouvait que s’effondrer sous le poids de son insolente opulence.

Cet exemple est pour vous avertir, vous, aujourd’hui.

Alors ressaisissez-vous ! Résistez au séductions du monde et à l’apathie du temps, tenez ferme dans la foi, exercez-vous en repoussant de votre vie tout ce qui est indigne du Christ Jésus, travaillez à votre salut !

Comment, me direz-vous encore, la semaine dernière, le salut était gratuit, et aujourd’hui il nous faut le gagner comme on gagne son pain ?

Écoutez Saint Paul qui vous exhorte à ce sujet : que tous travaillent pour manger le pain qu’ils auront gagné. L’Apôtre parle certes du pain de ce monde, périssable et provisoire. Or, ce même pain, vous avez appris à le demander à notre Père qui est aux cieux, et donc à le recevoir toujours comme un don. Il n’y a là aucune contradiction : Dieu nous donne, en plus, de gagner nous-mêmes le pain qu’il nous donne.

Il en va de même pour notre pain véritable qui est le Christ Jésus. D’ailleurs, dans le Notre Père, nous demandons littéralement notre "pain suressentiel" : bien sûr, nous pouvons y voir le pain eucharistique, et aussi dans la parole de l’Apôtre. Ainsi, comme pour le pain ordinaire, Dieu nous donne, en plus, de gagner le pain venu du ciel qu’il nous donne, le Christ qui est pour nous vie éternelle.

C’est pourquoi le Seigneur nous exhorte aujourd’hui par ces mots : c’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. Le Christ qui est en vous mène vos combats contre toutes les entreprises du Mauvais qui est jaloux de votre liberté par rapport au péché : à vous d’être fidèles à sa grâce. C’est ainsi qu’il grandira en vous, lui qui est votre vie, c’est ainsi que vous gagnerez la vie éternelle qui vous est donnée.

Redressez-vous et relevez la tête : Jésus a vaincu le monde ! De jour en jour devenez plus fort par la victoire remportée sur l’Adversaire, par la patience, la foi et la charité de Dieu lui-même. Déployons dans notre vie toute la vigueur du Christ ressuscité !

Ce don inouï, qui surpasse tout ce que nous pouvons imaginer, accueillons-le maintenant en rendant grâces au Père dans l’Eucharistie de son Fils, et nous serons le Temple de l’Esprit Saint, gage de l’espérance qui ne trompe pas.