Dimanche 2 décembre 2001 - 1er dimanche de l’Avent A

Quand reviens-tu ?

Isaïe 2,1-5 - Psaume 121,1-9 - Romains 13,11-14 - Matthieu 24,37-44
lundi 26 novembre 2007.
 

"Revenez quand vous voulez". Autrement dit, votre présence nous a été si agréable que nous ne demandons qu’à vous revoir.

Au moment de se quitter, loin de ressentir de la lassitude ou de la satiété, voilà qu’on a de la peine au départ de l’autre. Cette peine est en même temps une bonne surprise, parce qu’on découvre en soi aussi l’affection que l’on éprouve pour la personne qui s’en va.

L’amour, comme un voleur, s’empare ainsi des cœurs qui ne s’y attendaient pas. Dans la comédie classique, la belle jeune fille est prisonnière d’un vilain tuteur qui veut la marier contre son gré. Mais le charmant jeune homme vient toujours à point pour que, moyennant quelques nécessaires péripéties, la main de la belle soit finalement accordée à celui qui a conquis son cœur.

Mais l’amour n’est pas que le coup de foudre des premiers regards échangés par de jeunes gens : entre ceux qui s’aiment vraiment pour la vie, il grandit de jour en jour, et ils vont de surprise en surprise d’aimer toujours plus cet autre qui leur vole toujours à nouveau un même cœur heureux.

Cet ainsi qu’il vient comme un voleur, votre Seigneur. Quant au tuteur méchant à qui il vous dérobe par surprise, c’est le Mauvais qui avait pouvoir sur vous par le péché. Mais prenez garde de ne pas être endormi dans les plaisirs ou les soucis quand il passera vous prendre : et vous laisseriez passer votre chance ? Quel malheur !

Chacun est responsable de son cœur : qui pourrait se réjouir ou souffrir, naître ou mourir, ou aimer à la place d’un autre ? Si votre conscience est endormie, réveillez-vous ! Ouvrez les yeux au bien et au mal qui se présentent à vous dans le monde comme une responsabilité à laquelle vous ne pouvez vous dérober sans vous soustraire aussi à la venue de ce Dieu qui veut vous sauver.

Certains se demandent s’il se passe quelque chose de particulier sur la terre depuis la venue du Fils de Dieu dans notre chair : est-ce que tout n’est pas pareil avec le même désordre d’injustice et d’absurdité depuis qu’il y a des hommes ?

Ceux-là montrent seulement qu’ils n’ont pas laissé grandir en eux le Fils de l’homme : avec leurs seuls yeux de chair, comment pourraient-ils y voir clair sur l’œuvre de Dieu ici-bas ?

Mais en celui dont le cœur est épris du Fils de Dieu, en celui qui se laisse saisir d’amour par lui toujours à nouveau, le Christ grandit. Et, fort de cette croissance intérieure, son regard sur le monde découvre que, vraiment de plus en plus, la montagne du Temple du Seigneur est placée à la tête des montagnes.

Quand reviendras-tu, Seigneur, dans la gloire, pour établir toute justice en faveur de tes fidèles ?

Viens, Seigneur, comme il te plaît de venir, saisir et transformer tous les cœurs d’homme en un seul cœur qui te plaise et qui t’aime !