Dimanche 2 décembre 2007 - 1er dimanche de l’Avent A - Entrée en catéchuménat de trois adultes

Qui attendez-vous d’être ?

Isaïe 2,1-5 - Psaume 121,1-9 - Romains 13,11-14 - Matthieu 24,37-44
dimanche 2 décembre 2007.
 

Qui attendez-vous d’être ? Les enfants disent : « Quand je serai grand, je serai... », et c’est bien normal. Mais des adultes pensent : « Quand je serai riche, je serai honnête » ; ou : « Quand je serai prêtre, je serai gentil » ; ou « Quand je serai président, je serai moi-même, enfin ».

Vous croyez au coup de baguette magique, vous ? C’est du rêve ! Réveillez-vous, si vous voulez croire à l’Évangile.

Nous croyons au Christ qui est venu dans notre chair et qui viendra au dernier jour pour établir toute justice. « Alors nous serons semblables à lui car nous le verrons tel qu’il est », nous annonce la première lettre de saint Jean.

L’évangile d’aujourd’hui nous parle de ce jour en des termes inquiétants. En particulier : « L’un sera pris, l’autre laissé ». Nous comprenons bien qu’il s’agit d’une sélection définitive : l’un sera enlevé au ciel avec le Seigneur et l’autre sera laissé tomber. Nous détestons cette perspective.

Et si les deux en question, c’était le même ? Autrement dit, ce texte mettrait devant chacun de nous les deux possibilités radicales de son avenir et poserait la grave question : qui seras-tu au jour du Fils de l’homme, celui qui sera pris ou celui qui sera laissé ?

Ne pensez pas que vous pouvez faire n’importe quoi maintenant parce que vous aurez toujours le temps de vous retourner. Ce jour viendra soudain de manière à surprendre tout le monde, il en est ainsi par une nécessité mystérieuse de la Rédemption. C’est donc maintenant qu’il faut vous orienter résolument vers celui qui sera pris, sinon vous allez droit à celui qui sera laissé.

Certes, nous ne pouvons dire, comme saint Paul : ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Mais n’attendons pas d’être saints pour être chrétiens ! « Revêtez le Seigneur Jésus Christ », vient de nous dire l’Apôtre dans la lettre aux Romains.

Comment faire, puisque justement nous ne sommes pas saints ? Par la prière, mes amis, à tout instant. Au moment où je m’éprouve pécheur, que je crie : « Seigneur, prends pitié ! » Si je suis dans l’obscurité, que j’implore : « Seigneur, éclaire-moi ! » Quand la détresse me saisit, que mon regard se lève vers le ciel : « Seigneur, au secours ! »

Ce chemin doit être le vôtre, chères amies qui entrez aujourd’hui en catéchuménat : n’attendez pas d’être chrétiennes pour être honnêtes et gentilles. Devenez vous-mêmes, en somme, puisque par le baptême que vous recevrez bientôt, avec la grâce de Dieu, vous êtes appelées à revêtir le Christ.

Mais ce chemin d’Avent est pour nous tous, frères : « Allons avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur », puisque nous avons prié ainsi au début de la messe pour que cela nous soit donné par la puissance de l’Esprit Saint.

Laissez-moi vous le redire : Priez ! Qui donc attendez-vous d’être pour prier ? La Sainte Vierge, qui était sans péché, a prié sans cesse pour garder la Parole, pour discerner le chemin, pour demander le don de Dieu dans la reconnaissance. Bien plus, le Christ, lui-même, le Sauveur et Fils éternel du Père, a prié en tout temps. Et parce que nous sommes pécheurs nous ne prierions pas ? Au contraire, à plus forte raison !

Frères, « nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ». Mais n’attendons pas d’être grands pour devenir ce que nous serons, car dès maintenant il attire à lui les petits que nous sommes « avec la puissance qui le rend capable aussi de tout dominer ».