Dimanche 9 décembre 2001 - 2e dimanche de l’Avent A

Mais qui vous a appris cela ?

Isaïe 11,1-10 - Psaume 71,1-2.7-8.12-13.17 - Romains 15,4-9 - Matthieu 3,1-12
dimanche 9 décembre 2007.
 

Mais qui vous a appris cela ? Où donc avez-vous pêché ça, les enfants ? Les parents attentifs à l’éducation de leur progéniture ne sont pas à l’abri de mauvaises surprises : on ne peut pas toujours éviter les mauvaises influences.

Moi, par exemple, enfant, j’ai fréquenté les écoles et les lycées publics, et aussi les cités, au gré des affectations de mon père. J’ai vite remarqué que mes camarades, en général, trichaient autant qu’ils pouvaient. Et si l’un d’eux avait fait une bêtise, bien sûr il n’était pas question qu’il l’avoue.

Mais, moi, je ne trichais pas, et lorsque, par exemple, au cours d’un jeu il m’arriva de casser un carreau, au lieu de m’enfuir comme tous les autres, à la stupéfaction générale, je restai là à attendre l’arrivée du propriétaire furieux pour lui dire que c’était moi. Pourquoi ? Parce que j’avais appris de mon père et de ma mère à ne pas tricher et à assumer mes responsabilités.

Vous pensez sans doute que j’étais odieux aux yeux de tous mes condisciples ? Eh bien pas du tout : j’avais beaucoup d’amis. Parce que j’avais appris de la parole de Dieu, par l’intermédiaire de mes parents, que ce n’était nullement par une supériorité de nature que je me gardais du mal mieux que mes compagnons.

Je me rendais compte que j’avais eu la chance d’entendre la parole de vie et la grâce d’y croire. Pour eux ce n’était pas le cas, pas encore, mais cette parole leur était destinée tout autant qu’à moi. C’est d’ailleurs pour cela que je voulais devenir prêtre, pour pouvoir l’annoncer un jour à beaucoup de gens comme eux.

Cette parole, nous venons de l’entendre. Le baptême de Jean signifie la confession des péchés, la reconnaissance que je suis pécheur et que, donc, je mérite la mort. Mais je m’en remets à la miséricorde et à la grâce de Dieu. Nous, les hommes, tous, nous naissons perdus, parce qu’éloignés de Dieu. Sans lui, tous, nous sommes livrés à nos mauvais penchants. Mais son intention est de nous sauver tous par son Fils.

Mais pourquoi donc Jean traite-t-il les pharisiens et les sadducéens venus à son baptême de fils de serpent ? Parce qu’ils trichent même avec la religion : au lieu de se reconnaître vraiment pécheurs, ils utilisent les gestes et les mots de la piété pour se prétendre eux-mêmes justes. Qui leur apprend à fuir ainsi leurs responsabilités, sinon celui qui est menteur dès l’origine ? C’est pourquoi leur "père" en l’occurrence n’est pas Dieu, mais le Mauvais, et il ne peut leur servir à rien, alors, de se déclarer fils d’Abraham.

Attention, mes amis, si nous ne cherchons qu’à nous justifier au lieu de nous reconnaître pécheurs, d’implorer le pardon et d’accepter de changer de vie, en fait de chrétiens, nous ne valons pas mieux que les pharisiens de l’Évangile. C’est pourquoi nous devons nous replonger, nous retremper, dans la confession des péchés qui ouvre à la grâce du pardon et de la conversion.

Les hommes, pécheurs parce que livrés à eux-mêmes dans l’ignorance de l’Évangile, sont l’objet de la miséricorde de Dieu. Mais ceux qui trichent avec la parole de Vie qu’ils ont reçue encourent la colère plus que les autres. Cette tentation terrible est la nôtre, prions pour en être délivrés. Que le Seigneur abaisse notre orgueil et redresse nos pensées tortueuses ; alors nous serons pour les hommes le chemin tout droit de sa grâce, au lieu d’y faire obstacle.

Qui nous apprend cela ? Frères, c’est Jésus, le Fils de Dieu venu dans la chair, lui qui baptise dans l’Esprit Saint et dans le feu, et nul autre.