Dimanche 9 décembre 2007 - 2e dimanche de l’Avent A

Préparez-vous à être jugés

Isaïe 11,1-10 - Psaume 71,1-2.7-8.12-13.17 - Romains 15,4-9 - Matthieu 3,1-12
dimanche 9 décembre 2007.
 

Préparez-vous à être jugés. « Moi, mais pourquoi ? Je n’ai rien fait ! » Réaction normale, aussi bien du délinquant invétéré que de l’innocent ordinaire. À l’inverse, un tempérament un peu dépressif s’écroulera à la première pression accusatrice, prêt à tout avouer, même ce qu’il n’a pas commis. Mais le bon réflexe, le geste technique, que l’on se sente coupable ou non, c’est de prendre un avocat.

La prédication de Jean-Baptiste est claire et sans concessions : vous allez être jugés. Le jour de Dieu est tout proche, il va accomplir toute justice, selon ce qui avait été annoncé par les prophètes. Et tout ce qui ne saurait tenir devant le Seigneur sera brûlé : à bon entendeur, salut !

Comment nous préparer à ce jour, donc, sinon en prenant un bon avocat ? Celui que nous a promis le Christ, vous le connaissez, c’est l’Esprit Saint. Il l’appelle « l’autre Paraclet », parce que lui-même est déjà pour nous un “Paraclet”, un Défenseur. Et, comme un bon avocat, il parle. C’est pourquoi saint Paul nous parle de posséder l’espérance « grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture ». En écoutant la parole de Dieu transmise par les livres saints, nous recevons la foi grâce à laquelle nous échappons au jugement. C’est ainsi que l’Esprit Saint se fait notre Défenseur à la suite de Jésus qui a donné sa vie pour nous sur la croix.

Si nous ne voulons pas faire le bien et éviter le mal, nous ne pouvons même pas accueillir le Seigneur qui vient. Mais si nous protestons de notre innocence, si nous prétendons assurer notre défense nous-mêmes, nous sommes comme les pharisiens et les sadducéens apostrophés par Jean : « Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? » Il n’échappera pas au jugement, celui qui se réclame de sa propre justice. Mais quiconque met sa confiance dans la miséricorde sera sauvé.

Ainsi, nous ne revendiquons pas pour nous-mêmes la justice contre les autres mais, au contraire, nous l’accueillons ensemble avec action de grâces en nous accueillant les uns les autres comme le Christ nous a accueillis pour la gloire de Dieu. En Église, en nous mettant d’accord selon l’esprit du Christ Jésus, nous recevons l’Esprit Saint qui nous fait échapper à la colère qui vient.

Nous mettre d’accord selon la vérité de l’Évangile n’est pas toujours simple ni facile. Cela exige de chacun beaucoup d’humilité et de charité. C’est pourquoi saint Paul parle avec insistance du courage et de la persévérance qui nous sont nécessaires. Mais si nous formons une véritable communauté d’amour dans la foi qui nous unit, nous ne manquerons pas de nous retrouver tous dans les sentiments qui sont dans le Christ Jésus.

Alors, confiance, frères : le jugement plane sur ce monde tombé au pouvoir du péché. Mais l’espérance nous transporte au-delà du jugement dans la paix de l’amour, et c’est ainsi que nous formons une communauté prophétique annonçant aux hommes leur salut par la grâce de Dieu. C’est en demeurant fidèles à notre vocation sainte que nous préparons le monde à accueillir bientôt le Sauveur.