Dimanche 16 décembre 2001 - 3e dimanche de l’Avent A

Vous voyez bien ? Vous entendez bien ?

Isaïe 35,1-6a.10 - Psaume 145,7-10 - Jacques 5,7-10 - Matthieu 11,2-11
lundi 10 décembre 2007.
 

Vous voyez bien ? Vous entendez bien ? C’est important, évidemment. Les petits, souvent, ont du mal à voir, forcément, à cause de leur taille. Les plus grands, parfois, ont plutôt des difficultés à entendre, forcément, avec l’âge. Mais quand on n’entend pas, on perd aussi la parole qui explique où il faut regarder, et du coup on ne voit pas non plus ce qu’il y a à voir.

Les petits qui ne voient rien, alors qu’ils sentent bien que cela doit être passionnant, savent protester énergiquement, comme d’ailleurs aussi les grands qui entendent mal. Au fond, leurs réclamations témoignent autant de leur intérêt que de leur frustration, c’est pourquoi on ne s’en fâche pas, mais on fait plutôt tout ce qu’on peut pour les satisfaire.

De même, Jésus ne le prend pas mal quand Jean-Baptiste lui envoie demander : "Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?" "Jean avait entendu en prison les œuvres du Christ", dit littéralement le texte grec. Dans sa prison, Jean devait assez mal entendre. Mais, surtout, il ne voyait rien du tout.

Ce que l’on attendait du Christ promis par l’Écriture, qu’il fût un roi fils de David ou un prophète comme Moïse, c’était une libération : on espérait le libérateur d’Israël, comme diront les disciples déçus sur le chemin d’Emmaüs.

Si Jésus est bien le Christ, comment se fait-il que Jean reste en prison ? Pourquoi le libérateur d’Israël ne délivre-t-il pas en tout premier lieu celui qui, le premier, l’a reconnu et désigné comme tel ? La question de Jean est une réclamation des plus vives. Jésus ne s’en formalise pas.

Mais, remarquez comme sa réponse est pesée et réfléchie : il ne cite pas les promesses les plus classiques au sujet du Messie, comme la libération annoncée aux captifs. Il choisit d’évoquer le texte d’Isaïe que nous avons entendu en première lecture - vous l’avez encore dans l’oreille -, où le prophète annonce la venue, non pas du Messie, mais de Dieu en personne : Voici votre Dieu, il vient lui-même vous sauver !

Comment concilier tout cela, où est la cohérence de l’Écriture, de quelle manière peut-on dire que Jésus l’accomplit ? La solution est simple et claire, elle tient en quelques mots. C’est sur la croix que Jésus accomplit les œuvres du Christ. Là il libère Israël, et non seulement Israël, mais encore toutes les nations. Là il sauve tous les hommes du péché, il nous délivre de ce lien très cruel qui est notre véritable enfermement.

Et, Jésus, c’est Dieu lui-même qui vient nous sauver. Il est le Verbe, le Fils éternel qui vient en notre chair à Noël. Parce qu’il s’est fait obéissant jusqu’à la mort, Dieu l’a ressuscité. Il est assis à sa droite, et il viendra dans la gloire pour juger tous les hommes. Telle est la foi de l’Église.

Serait-ce la première fois, frères, que vous entendez cette parole ? Celui qui ne l’entend pas, celui qui ne la reçoit pas en son cœur pour y ajouter foi, celui-là ne peut évidemment rien voir des œuvres de Dieu qui vient nous sauver. Mais l’œuvre de Dieu, c’est que nous croyions en celui qu’il a envoyé.

Aussi, si nous avons des difficultés à voir que Jésus est le Christ, suivons le conseil de saint Jacques dans la deuxième lecture, prenons pour modèles les prophètes, faisons comme Jean le Baptiste dans sa prison : adressons hardiment nos réclamations à Jésus ! Alors, comme lui, nous serons promptement exaucés.

Si vous entendez bien ce conseil, suivez-le, et vous verrez bien.