Dimanche 23 décembre 2001 - 4e dimanche de l’Avent A

Posez vos questions !

Isaïe 7,10-16 - Psaume 23,1-6 - Romains 1,1-7 - Matthieu 1,18-24
dimanche 23 décembre 2007.
 

Deux journalistes américains sont venus me voir, m’interviewer, sur le passage à l’euro. Je ne dis pas que le sujet soit insignifiant : il s’agit d’une perturbation réelle de la vie des gens, surtout des plus fragiles, et ce ne serait pas respectueux de la prendre de haut, avec mépris. Ce n’est pas donc pas secondaire.

Mais c’est second : par rapport à la réalité financière, nationale et internationale, par rapport à l’économie en général, dans notre pays et dans le monde, par rapport à la situation sociale dans son ensemble, chez nous et ailleurs.

Si le passage à l’euro est une affaire plutôt seconde pour tous, elle ne l’est pas moins pour l’Église. C’est pourquoi j’ai essayé de tirer mes interlocuteurs vers la préoccupation première de la Parole que nous avons à proclamer.

Vous connaissez les journalistes : déjà quand on répond à leurs questions, souvent, ils n’écoutent pas la réponse, tant ils savent d’avance ce qu’ils veulent vous faire dire. Alors, si, en plus, on veut leur parler d’autre chose... Je le sais, j’ai été journaliste moi-même ; j’ai ma carte de presse.

Mais, en fait, le jeune homme et la jeune femme charmante que j’ai rencontrés étaient tout à fait sympathiques, et nous avons eu un très bon entretien.

Au fait, pourquoi vous raconter toutes ces choses qui ont l’air bien secondaires ? En fait, elles ne le sont pas : elles sont secondes, au service de la Parole de ce dimanche.

Vous l’avez entendu, dans la première lecture il est question d’un roi qui ne veut pas se tourner vers le ciel pour demander. Vas-y, lui dit-on, tu fatigues tout le monde, demande donc ! Dans la deuxième lecture, l’Apôtre Paul nous dit qu’il doit amener tous les hommes à l’obéissance de la foi. Or, obéir, c’est écouter. Il faut donc interroger le ciel, mais aussi écouter la réponse !

Enfin, dans l’Évangile, il y a un hommes qui se pose de sérieuses questions parce qu’il a un gros problème : sa fiancée, sa femme, est enceinte, et ce n’est pas de lui ! Il en est poursuivi jusque dans ses rêves, et c’est là qu’il reçoit la réponse d’En haut : c’est l’Esprit Saint ! Et il y croit.

Est-ce que vous y croyez, vous ? La virginité de Marie, la conception virginale de Jésus, c’est, paraît-il, la dernière chose à laquelle on croit aujourd’hui, même quand on se dit catholique. Et certains prétendus théologiens déclarent que, de toute façon, c’est secondaire.

Non, ce n’est pas secondaire. C’est second. Par rapport à la question principale qui est celle-ci : qui donc est cet homme, qui a passé en faisant le bien et qui est mort sur le bois de la croix ? Pourquoi et comment peut-on dire que lui nous fait passer à "Dieu avec nous" ?

Les hommes parlent de Dieu de bien des manières, et pas toujours si mal. Mais, une seule voix annonce la Bonne Nouvelle inouïe : en Jésus nous passons de la nuit froide et hostile de l’éloignement de Dieu à sa venue en notre chair pour la racheter du péché : Emmanuel !

Si vous avez des difficultés à comprendre pourquoi et comment Jésus est né ainsi et pas autrement, vous êtes comme Joseph et comme Marie. Si vous interrogez le ciel pour avoir toute la réponse possible, vous agissez comme eux. Mais si vous n’accueillez pas dans l’obéissance de la foi la réponse qui vous est donnée aujourd’hui telle qu’ils la reçurent eux-mêmes, vous n’entrerez pas dans leur joie.

Car ils ont cru dès l’aurore de son jour au Verbe venu dans la chair, établi, lorsque tout fut accompli, dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.

Vous qui êtes fidèles par appel de Dieu, posez-lui toutes vos questions et, surtout, écoutez bien ses réponses.