Dimanche 17 janvier 1999 - Deuxième Dimanche Année A

C’est par le soir que revient la lumière

Isaïe 49,3.5-6 - Psaume 39,2.4.7-11 - 1 Corinthiens 1,1-3 - Jean 1,29-34
dimanche 17 janvier 1999.
 

C’est par le soir que revient la lumière. Nous fêtons Noël à peu près au solstice d’hiver, c’est-à-dire au moment où le jour est le plus court. Depuis Noël, le jour s’est allongé. Mais, avez-vous remarqué qu’il s’est allongé surtout le soir ? Le matin, le soleil se lève cinq ou six minutes plus tôt, mais le soir, c’est une demi-heure que nous avons gagnée. Cette différence vient surtout de ce que la Terre ne tourne pas tout à fait rond autour du soleil. Le résultat est que les jours durent un peu plus ou un peu moins de vingt-quatre heure au cours de l’année et que, en conséquence, le midi vrai s’écarte du midi officiel. On appelle cet écart "l’équation du temps".

Cette circonstance est heureuse, car la Lumière du monde, dont nous avons choisi de célébrer la venue en cette époque de l’année, nous vient justement du côté de nos soirs. Vous avez entendu Jean-Baptiste dire de Jésus : "Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi." Jésus vient au soir de l’histoire de l’Alliance de Dieu avec son peuple Israël, alors que le ciel des prophètes, depuis longtemps fermé, s’est obscurci au point que, déclare Jean, la patience du Tout-Puissant est à bout et qu’il va faire justice. A ce moment vient Jésus.

"Voici l’Agneau de Dieu", dit Jean. En effet, au moment de l’offrande du soir, à l’heure où, la veille de la Pâque, on égorge un agneau par famille sur le parvis du Temple, Jésus donnera sa vie sur la croix, librement et sans se refuser, si bien que le troisième jour il sera ressuscité.

De même, c’est du côté où nous tombons dans la nuit du péché que nous recevons la lumière du pardon et de la sanctification. C’est au bout du jour de ce monde, avec ses sagesses et ses vertus, que nous trouvons la clarté de Dieu, qui traverse toutes nos nuits.

C’est au coeur de nos faiblesses que nous pouvons accueillir la faiblesse de l’Agneau qui nous remplit d’une force invincible.

Si nous essayons de trouver la vérité de l’Evangile en commençant autrement que par la croix, ce n’est pas l’Evangile. La lumière véritable de la foi, nous ne la recevons que par la porte étroite du sacrifice. Mais, alors, elle illumine notre vie de part en part, jusqu’en ses débuts, depuis ce soir de la reconnaissance qui fut celui des disciples d’Emmaüs, le soir où l’on se dit enfin : "Il était avec nous en tout commencement de grâce, celui qui vient au bout de nos chemins de tristesse."

Allons aussi loin que nous pouvons, avec tous les hommes de bonne volonté, sur tout chemin de droiture. Et lorsque au bout de ce chemin nous verrons l’abîme, au soir du malheur du monde, nous trouverons l’Agneau.

Non seulement il viendra confirmer la lumière de nos jours, la confiance en la raison et le bien-fondé du vouloir vivre, mais encore il fera de nos soirs, de tous nos soirs de détresse, l’espérance d’un merveilleux matin.