Dimanche 31 janvier 1999 - Quatrième dimanche Année A

Cela n’a rien à voir, une patte de lapin

Sophonie 2,3 et 3,12-13 - Psaume 145,7-10 - 1 Corinthiens 1,26-31 - Matthieu 5,1-12a
dimanche 31 janvier 1999.
 

Cela n’a rien à voir, une patte de lapin, avec un examen, une partie de pêche, ou un voyage en avion. Et pourtant, certaines personnes ne peuvent se passer d’un tel objet en pareilles circonstances.

Pourquoi une patte de lapin passe-t-elle pour un porte-bonheur ? Tout simplement parce qu’elle est douce au toucher et qu’on peut la mettre dans sa poche.

Au coeur de tout être humain demeure à jamais gravé le souvenir du doux contact de sa mère, quand elle était pour lui toute sécurité, toute satisfaction et toute joie.

Voilà pourquoi la recherche inconsciente de ce souvenir du bonheur a à voir avec toute circonstance de la vie d’un homme, surtout lorsqu’il a besoin de se rassurer.

Si les porte-bonheur ne sont faits, au-delà de ce mécanisme psychologique élémentaire, que d’illusions, il est une réalité solide et certaine en laquelle nous sont données, en toute circonstance, la paix, la force et l’espérance, le véritable porte-bonheur, en somme : le Christ.

Tel est le secret des Béatitudes. Voilà pourquoi le prophète Sophonie, et l’Apôtre après lui, nous disent : "Cherchez le Seigneur !

Dans la vie de l’homme, les épreuves ne sont pas seulement les temps de souffrance et d’hostilité : l’orgueil, la cupidité, la violence, la suffisance, l’appétit de jouissance et bien d’autres démons nous guettent en tous nos chemins pour gâcher notre vie et celle des autres en obscurcissant notre vocation à l’amour.

Réfléchissez à votre vie : quand y a-t-il, pour vous, un moment pour garder le coeur pur, un moment pour être doux, un moment pour vous montrer miséricordieux, un moment pour chercher la paix, un moment pour pleurer ?

Comment recevrez-vous au moment favorable précisément l’Esprit qu’il vous faut pour vivre en juste selon la vérité de l’amour ? En accueillant le Christ, en mettant sa parole en pratique sur tous vos chemins.

Le Christ, on ne peut pas l’avoir dans sa poche, on ne peut pas le toucher : il est assis à la droite de Dieu, au plus haut des cieux. Bien sûr, beaucoup de personnes utilisent des croix, des médailles, des images ou d’autres objets pieux comme d’autres des pattes de lapin.

Il ne faut pas mépriser les uns plus que les autres : tous sont nés d’une femme, tous éprouvent la dureté du monde, tous cherchent le bonheur.

Mais la différence essentielle entre les objets est seulement dans la prière et dans la foi. Sans la foi, sans la prière, les objets porte bonheur, quels qu’ils soient, ne valent pas plus qu’une patte de lapin.

Avec ou sans objets, si, vraiment, avec les mots de Dieu, avec les mots que Dieu vous donne dans l’Ecriture et par l’Eglise, vous en appelez au Christ, le Fils de Dieu, alors, aussitôt, il est là. Il vient à vous en toute circonstance, à la prière de l’Eglise, pour vous donner son coeur : un coeur pur, un coeur miséricordieux, un coeur fort, un coeur juste, un coeur capable d’amour. Et vous connaîtrez le bonheur. Car il est le vrai porte-bonheur de l’homme, c’est-à-dire le Sauveur.

Jésus Christ a à voir avec toute votre vie, avec toutes les circonstances de votre vie. Ne le repoussez en rien, recevez-le en tout. Alors, dès maintenant, vous serez heureux, parce que comblés des arrhes de l’Esprit Saint.

Et, au jour où Il viendra, le Royaume préparé pour nous dans les cieux, tous ensemble nous connaîtrons le bonheur pour toujours.