Dimanche 28 mars 1999 - Dimanche des Rameaux et de la Passion Année A

Comment te prouver, ô mon fils, que je suis ton père ?

Matthieu 21,1-11 — Isaïe 50,4-7 - Psaume 21,8-9.17-20.22-24 - Philippiens 2,6-11 - Matthieu 26,14 à 27,66
dimanche 28 mars 1999.
 

"Comment te prouver, ô mon fils, que je suis ton père ?" : cette question peut être celle d’un homme.

Deux raisons prouvent que l’on est père. La première est que le père nourrit, qu’il fait vivre, en abondance, sans réserve, par amour.

La deuxième est qu’il donne la loi, qu’il l’impose, qu’il l’inculque.

La deuxième raison peut sembler, aux yeux de l’enfant, ruiner la première : la loi n’est-elle pas là pour m’empêcher de vivre, se dit-il, la loi n’est-elle pas la mort pour moi ? Alors il la subit avec haine jusqu’à ce qu’il puisse la rejeter.

C’est pourquoi le père peut être tenté de renoncer à la seconde raison : puisque la première suffit à convaincre le fils, se dit-il, et que l’autre risque de ruiner ce beau résultat, autant s’en passer, n’est-ce pas ?

Ainsi, aujourd’hui plus que jamais, beaucoup manquent à être pères, car, en vérité, sans la seconde raison qui la confirme, la première tombe bientôt en ruines.

Les fils d’Israël acclament Jésus à son entrée à Jérusalem parce qu’ils ont compris la première raison : cet homme qui nourrit, guérit et instruit merveilleusement le peuple n’est-il pas évidemment le Fils du Père tout-puissant qui trône dans les cieux tel qu’il s’est révélé à nos pères ?

Et puis vient la Passion, avec les souffrances et la mort du même Jésus. Là se donne la deuxième raison, puisque le fils accomplit à la perfection la loi du Père dans l’amour le plus grand qui consiste à donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Les fils d’Israël, pervertis par leurs chefs mauvais, n’ont pas reconnu la deuxième raison.

Pourtant, là éclate la plus haute évidence que Jésus est le Fils et que son obéissance accomplit le dessein d’amour inouï du Père. Justement pour ceux qui l’ont rejeté Jésus est mort, pour qu’ils soient sauvés.

Dans la lumière de l’Esprit Saint, nous qui partageons le pain de la vie et buvons à la coupe du salut, nous comprenons les deux raisons, nous reconnaissons en Jésus le Fils de Dieu. A sa suite, nous rendons grâce au Père pour toutes ses bontés, et nous obéissons à sa volonté.

Ainsi nous glorifions le Père de Jésus, en qui nous reconnaissons notre Père.