23 mars 2008 - Jour de Pâques - La Résurrection du Seigneur

Au premier temps de la valse

Actes 10,34.37-43 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - Colossiens 3,1-4 - Matthieu 28,1-10 (évangile de la Nuit de Pâques que l’on peut reprendre pour le Jour - on se réfèrera utilement à l’homélie de la Nuit, « On ne peut pas être du soir et du matin », pour resituer celle du Jour ci-dessous)
dimanche 23 mars 2008.
 

Au premier temps de la valse... Nous en sommes là, au tout début du printemps, puisque Pâques tombe au plus tôt cette année, la pleine lune, puis le dimanche, suivant de très près l’équinoxe. Ce moment de transition est comme la valse de l’hiver et de l’été, l’un ne cédant pas la place à l’autre progressivement et sans heurt, mais tous deux prenant ou reprenant le dessus tour à tour : hier il faisait froid et gris, aujourd’hui le soleil brille de tous ses feux.

La résurrection de Jésus est pour ses disciples un événement de cet ordre. Vous l’avez entendu, les femmes venues au tombeau le quittent “tremblantes et toutes joyeuses” après l’annonce de l’ange. Dieu a créé la foi en elles, comme une participation à la résurrection du Christ. Mais cette foi neuve n’est encore qu’une petite étincelle dans l’obscurité de leur être. La peur qui saisit l’homme pécheur devant la manifestation de Dieu ne cède pas la place en elles d’un coup à la joie qui fait tressaillir les croyantes à l’annonce de la résurrection du Seigneur.

Elles en sont au premier temps d’un combat spirituel où tour à tour la foi et l’incrédulité prendront le dessus, la seconde ne cédant pas sans heurt à la première.

Pour nous, il en va de même, évidemment. La joie de Pâques ne fait disparaître de notre vie la peur, par exemple d’être ridicule aux yeux des autres en apparaissant comme croyant dans un monde qui pense intelligent de se dire agnostique.

Ne craignez donc pas les mouvements divers de votre âme où la foi n’a pas pris toute la place sans reste. Le pire est de chercher une sorte de position d’équilibre dans une “foi privée” qui se garde de se montrer, dans une habitude de se considérer comme “croyant” et de vivre comme ne l’étant pas. Cette tiédeur tranquille et lâche, le Seigneur la vomit.

Ne refusez donc pas de danser dans l’Esprit Saint la valse du printemps de la vie éternelle.