Vendredi 15 août 2008 - Assomption de la Vierge Marie

« Que reste-t-il de nos amours ? » La nostalgie est une douleur complaisante et délétère

Apocalypse 11,19 et 12,1-6.10 - Psaume 44,11-16 - 1 Corinthiens 15,20-27a - Luc 1,39-56
vendredi 15 août 2008.
 

« Que reste-t-il de nos amours ? » La nostalgie est une douleur complaisante et délétère. Elle se résigne à la loi du temps qui passe sans s’y soumettre. Au lieu de chercher courageusement les voies d’un avenir qui vaille la peine, elle se repaît du souvenir doux-amer d’un bonheur révolu.

L’Eucharistie est aussi un souvenir, la mémoire d’un passé. Mais il ne s’agit pas d’un passé révolu, au contraire. Le sacrement, réalise la présence de l’événement dont nous faisons mémoire, la Pâque du Seigneur, et le constitue comme notre avenir.

Pour les saints il en va de même : quand nous les célébrons, nous rappelons le don de Dieu ; or, les dons de Dieu sont définitifs. La Vierge Marie est la sainte par excellence, l’amour de Dieu réalisé dans sa créature humaine en toute sa vie terrestre. La liturgie l’affirme, Marie est présente aujourd’hui au milieu de nous dans son élévation au ciel, elle intercède pour nous et agit avec puissance dans nos vies. Elle est notre avenir, personnifiant l’Église triomphante qui nous attend au bout de l’histoire.

L’Église, énonce le concile Vatican II, est « comme le sacrement du salut ». Sainte Marie Mère de Dieu, type de l’Église, est donc aussi en quelque manière sacrement du salut, et tous les saints avec elle. Les sacrements sont à la fois le signe d’une réalité à venir et, dans une certaine mesure, cette réalité elle-même.

En célébrant l’Assomption de la Vierge Marie nous ne sacrifions à aucune nostalgie, mais nous renaissons d’En-Haut dans le souvenir de l’amour de Dieu réalisé en sa créature humaine sauvée par le Christ pour une vie éternelle, car les amours de Dieu demeurent pour toujours.