26 décembre 2000 - Mémoire de Monique Soulié

Comment peut-on dire "Je sais" ?

Job 19,23-27 - Jean 1,1-5.9-14.16-18
mardi 26 décembre 2000.
 

Comment peut-on dire "Je sais" ? Qu’est-ce qui fait une assurance comme celle de Job : "Je sais, moi, que mon libérateur est vivant" ? Tous les raisonnements du monde, et tous les témoignages, vous le savez, ne suffisent pas à donner à quiconque cette certitude-là.

Mais, en fait, la situation est la même pour toute espèce de certitude, jusque dans les sciences, et les sciences les plus "dures". Les observations, les preuves et les démonstrations ne peuvent suffire d’elles-mêmes à faire une conclusion : il reste toujours la nécessité qu’une autorité en la matière se prononce et porte la responsabilité de l’affirmation.

Qu’est-ce qui fait le charme suprême d’une femme ? Sa beauté, sa grâce, sa distinction, ses délicatesses et ses vertus admirables ne sauraient, mises toutes ensemble, suffire à imposer le "Je t’aime" que dit celui qui sait de qui il parle. Monique Soulié était merveilleuse, Monsieur, mais, plus encore, vous l’aimiez. Et celui qui aime sait que l’amour, le vrai, est pour toujours. C’est ainsi que la certitude de l’amour précède et fonde toute autre certitude au monde, pour nous qui ne pouvons rien démontrer absolument.

Monique Soulié, a-t-il été dit, avait voulu donner sa vie à l’annonce de l’Évangile. Et voilà que la mort l’a enlevée en pleine période de Noël : nous pourrions ressentir cela comme déplacé, comme le raffinement cruel d’un sort mauvais. Pourtant, en ce jour de la Saint-Étienne, étendue au milieu de nous, elle nous invite à renouveler avec ardeur notre acte de foi en l’amour plus fort que la mort. D’une certaine manière, il lui est donné d’offrir sa mort à l’annonce de la résurrection. Cédons à la grâce de l’Esprit consolateur, à l’évidence de l’amour et de la vérité.

Certes, Monsieur, ce n’est pas la certitude qui vous manque ; c’est elle. Quelle perte immense pour vous, pour vos enfants, pour tous ceux qui l’entourent et qui savaient le bonheur de la connaître ! Mais n’a-t-il pas fallu que le Fils de Dieu aille jusqu’à perdre la vie sur une croix pour que soient dissipées les ténèbres qui s’opposent à sa Lumière ? Faites de cette perte un don dans le sien en vue du jour où vous serez réunis en Dieu, avec tous ceux qui l’auront espéré.

Alors vous saurez, dans votre peine, que le Verbe s’est fait chair afin de ressusciter en lui nos pauvres corps, pour notre consolation parfaite et une joie éternelle.