Dimanche 2 novembre 2008 - Commémoration de tous les fidèles défunts

Qui peut dire ce qu’il y a après la mort ?

Sagesse 2,1-4a.22-23 ;3,1-9 - Psaume 26,1.4.7ab.9.13-14 - Romains 8,18-23 - Luc 12,35-38.40
dimanche 2 novembre 2008.
 

Qui peut dire ce qu’il y a après la mort ? Les uns nous assurent qu’il n’y a rien. D’autres prétendent nous raconter tout ce qui se passe dans l’au-delà. Mais qu’est-ce qu’ils en savent, les uns et les autres ? Les diverses opinions à ce sujet ne se valent-elles pas ? Toutes les affirmations ne sont-elles pas également hypothétiques ?

Tel n’est pas l’avis de l’auteur du livre de la Sagesse que nous venons d’entendre : « Les incroyants ne sont pas dans la vérité », déclare-t-il. Cependant, il ne caricature pas du tout la position de l’adversaire, au contraire, il l’exprime avec beaucoup de force et de poésie. Les matérialistes d’aujourd’hui pourraient en prendre de la graine. L’auteur inspiré n’en est pas moins catégorique : « Ils ne sont pas dans la vérité quand ils raisonnent ainsi en eux-mêmes. »

Il a raison. En effet, contrairement aux apparences, ceux qui croient et ceux qui ne croient pas ne sont pas sur un pied d’égalité. Si quelqu’un vit après sa mort, lui-même le sait. Jésus sait bien qu’il est vivant, lui, et il peut le faire savoir à qui il veut. Tandis que s’il n’y a rien après la mort, personne ne le sait, puisque les morts ne sont rien. C’est pourquoi la Sagesse peut affirmer que les incroyants ne sont pas dans la vérité quand ils disent ce qu’ils ne peuvent savoir.

Tout ce que peut dire l’incroyant, c’est « Je ne crois pas ». Tandis que le croyant proclame avec saint Paul : « Je sais en qui j’ai mis ma foi ! » Nulle arrogance dans cette déclaration, mais la profonde humilité de celui qui ne se reconnaît aucun mérite dans la grâce d’avoir reçu la révélation de Dieu en son Fils Jésus Christ. Le témoin de l’Évangile ne se costume pas en maître, mais il revêt la tenue du serviteur pour tenir allumée la lampe de la foi. Ainsi l’ont fait les Apôtres, sur la foi de qui repose la nôtre. Ils l’ont appris du Seigneur lui-même, qui leur a lavé les pieds au soir de son départ.

Mes amis, peut-être certains parmi nous sont-ils mal croyants. Qu’ils ne se durcissent pas dans leurs doutes et leurs douleurs, mais qu’ils se laissent attendrir par l’humilité des croyants. Qu’elle leur inspire une semblable attitude de disponibilité à ce qui peut nous venir de plus grand que nous, souvent par de plus petits que nous. N’aspirez-vous pas tous avec la création à voir la révélation des fils de Dieu ?

Jésus lui-même aux jours de sa chair a offert prières et supplications avec grands cris et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son humilité. Dieu l’a ressuscité. Maintenant revenu de la mort, il peut offrir à tout homme d’en revenir à sa suite. Seul le premier-né d’entre les morts peut nous dire le bonheur de la vie au-delà des souffrances du temps présent, et la gloire à venir sans commune mesure avec elles. Écoutons-le !