Dimanche 30 novembre 2008 - 1er dimanche de l’Avent B - Entrée en catéchuménat d’enfants du catéchisme et de jeunes de l’Aumônerie

Ce n’est pas étonnant qu’il frappe doucement

Isaïe 63,16b-17.19b ;64,2b-7 - Psaume 79,2-3.15-16.18-19 - 1 Corinthiens 1,3-9 - Marc 13,33-37
dimanche 30 novembre 2008.
 

Ce n’est pas étonnant qu’il frappe doucement. Certains frappent lourdement, d’autres avec impatience ou encore de façon impérieuse. Les timides ne frappent qu’à peine, comme s’ils voulaient ne pas être entendus. Mais lui frappe autrement, avec autant de force que de douceur, comme une parole s’impose au cœur et à l’esprit par sa bonté et sa vérité.

Le maître de l’évangile d’aujourd’hui viendra frapper à la porte de chez lui au retour de son voyage. Trouvera-t-il la maison endormie, comme si elle l’avait oublié depuis le temps, ou bien prévenante et joyeuse, empressée de lui ouvrir et de l’accueillir de tout son cœur ?

Le maître, c’est Jésus, la maison, c’est l’Église. Le Fils de Dieu est venu dans la chair, il a fait le bien, il est mort pour nous, il a été ressuscité et enlevé au ciel, il reviendra dans la gloire. « Quand le Fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? », demande Jésus ailleurs dans l’évangile. Veiller, pour l’Église, c’est demeurer dans la foi ferme, l’espérance joyeuse et la charité constante, jusqu’à la fin du monde.

Il s’agit en effet de la fin du monde. Vous avez entendu au début de l’évangile : « Jésus parlait à ses disciples de sa venue. » Mais ce début, ajouté par la traduction liturgique, est vague. En fait, au début du chapitre, Jésus sort du Temple dont il annonce la destruction à ceux qui l’admirent. Alors Pierre, Jacques, Jean et André le prennent à part et lui demande quand cela arrivera. C’est alors précisément à ces quatre Apôtres éminents que le seigneur tient un long discours, appelé parfois « Petite Apocalypse », dans lequel il annonce toutes sortes de catastrophes : guerres, tremblements de terre, famines, persécutions, sacrilèges, détresse inouïe, faux messies, extinction du soleil et chute des étoiles, et pour finir la venue du Fils de l’homme sur les nuées. Puis, sans transition, il évoque le figuier dont les branches deviennent tendres et conclut par l’exhortation à la vigilance que nous venons d’entendre. Vous le savez, la fin du monde terrifiante viendra. Mais elle ne s’abattra pas comme un fléau sur ceux qui auront désiré sa venue.

S’agit-il seulement d’un événement futur sans doute lointain ? Pas du tout. La messe rend le sacrifice de Jésus sur la croix présent à notre temps, elle anticipe aussi la fin du monde. Car à la fin, le Christ atteindra la plénitude de sa stature, et dès maintenant il grandit vers cette plénitude. Comment ? Par exemple lorsque des enfants et des jeunes s’ouvrent à la foi et se mettent en route vers le baptême, comme aujourd’hui, en entrant dans l’Église. Toute la mission de l’Église consiste à ouvrir la porte au Seigneur qui vient. Vous ouvrez votre cœur, nous l’ouvrons avec vous et pour vous, de façon que le Christ se forme en vous, venant de ce fait dans le monde. Les responsables ecclésiaux, pasteurs et laïcs, agissent, selon le travail qui a été fixé à chacun aussi bien qu’ensemble réunis en collèges ou conseils divers. Ainsi le portier veille.

Si le Seigneur frappe avec autant de force que de douceur, c’est parce qu’il est le bien-aimé venant à la rencontre de l’aimée. Il est juste et bon que son amour irrésistible vous bouleverse et vous établisse dans la charité merveilleuse de l’Église maintenant et pour toujours, par-delà la fin du monde.