Dimanche 4 mai 2003 - Troisième dimanche de Pâques

L’oiseau est fait pour voler

Actes 3,13-15.17-19 - 1 Jean 2,1-5 - Luc 24,35-48
dimanche 4 mai 2003.
 

L’oiseau est fait pour voler,

pour voler et pour chanter.

Et vous, vous êtes faits pour quoi faire ?

Pour l’oiseau, grand mystère, cela semble aller tout seul : le jour venu, les parents poussent le petit au-dehors du nid, et il faut bien qu’il vole !

Pour les petits d’homme, ce n’est pas si simple. Il en coûte des années et des années d’éducation, d’apprentissage et de formation. Et parfois, on n’en sort pas, on a l’impression qu’on n’en sortira jamais. Pourtant, normalement, il y a un débouché.

Par exemple, un médecin : certes, il le devient peu à peu, au fil de ses études et de ses stages, et certes, ensuite, il ne cessera de progresser encore en expérience et en savoir, mais, un jour précis, un beau jour, il est médecin, il peut commencer à exercer de son propre chef.

Les Apôtres, c’est pareil. Ils sont en formation depuis le début de la vie publique du Seigneur, qui les a pris auprès de lui, les a enseignés et éprouvés, et les a même envoyés en stage de mission. Mais cela n’a pas été sans mal. Même après la résurrection, comme l’atteste l’évangile d’aujourd’hui, ils ont résisté et douté. Pourtant, enfin, on en voit le bout.

En effet, le Christ ressuscité leur annonce qu’ils vont entrer en action : il seront témoins. De quoi ? Des souffrances du Messie, de sa résurrection et de la conversion prêchée à toutes les nations pour le pardon des péchés.

Et qu’est-ce qui les constitue témoins ? La foi. La foi en Jésus mort et ressuscité en chair et en os, Messie d’Israël, Fils de Dieu et Dieu fait homme.

Leur foi n’est pas encore affermie quand Jésus leur apparaît, c’est pourquoi il leur dit : "La paix soit avec vous !" Il les exhorte à entrer dans la paix de la foi. Cela ne signifie pas qu’ils ne connaîtront plus jamais de crises ni d’épreuves : bien sûr, les tribulations ne leur manqueront pas, et ils auront, à travers les difficultés, à apprendre toujours mieux à connaître et à servir le Seigneur. Mais, en tout cas, ils ne remettront pas en question l’essentiel, l’adhésion personnelle au Christ qui les a choisis, qui les envoie et qui les accompagne.

Pour vous aussi, frères, il doit en être ainsi. Nous sommes constitués chrétiens par la foi et le baptême dans la mort du Seigneur, lui qui est ressuscité pour notre sanctification. Nous avons appris à le connaître par l’écoute de la parole de Dieu, et nous l’avons rencontré dans les sacrements qui nous attachent à lui pour la vie. C’était afin que nous devenions témoins de sa mort et de sa résurrection.

Vous avez été amenés à la foi par l’Église comme portés sur les ailes d’un aigle, et maintenant il vous faut prendre votre essor. On voit de tout petits enfants qui sont constitués fermement dans la foi, tandis que des grands, des grands aux yeux des hommes, ne cessent de remâcher leurs doutes et leurs peurs, piétinant indéfiniment en refusant l’obstacle. Allons, courage, puisque le Seigneur lui-même nous donne sa paix !

Chrétiens, vous êtes responsables de la confession de la foi, de la conversion, de la présence du Christ au monde et de l’action de grâce à Dieu, notre Père qui est aux cieux.

Vous êtes faits pour cela, par la puissance de l’Esprit Saint, pour aimer Dieu en aimant votre prochain, et pour chanter ses merveilles par toute la terre, jusqu’au jour où il viendra sur les nuées du ciel avec tous les saints, à la rencontre de ceux qui auront espéré sa venue dans la gloire.