Dimanche 15 mars 2009 - Troisième Dimanche de Carême B - 1er Scrutin des Catéchumènes adultes (évangile de la Samaritaine)

Test : Êtes-vous bien mariés ? (On peut faire le test pour d’autres, des proches ou des amis)

Exode 20,1-17 - Psaume 18,8-11 - 1 Corinthiens 1,22-25 - Jean 4,5-42
dimanche 15 mars 2009.
 

Test : Êtes-vous bien mariés ?

(On peut faire le test pour d’autres, des proches ou des amis)

Tracez sur une page blanche une ligne verticale séparant deux colonnes. À droite, inscrivez les avantages, à gauche les concessions, additionnez de chaque côté. Comment obtenir le résultat ? Bien sûr en faisant la différence, dit la sagesse humaine. Les masochistes aussi le verront ainsi, quoique dans l’autre sens. Mais l’évangile nous découvre une troisième école.

Le nombre des maris de la Samaritaine (cinq légitimes plus un qui ne l’est pas, comme nous le révèle la réponse de Jésus) est sidérant, surtout pour l’époque. Il évoque les sept maris de la femme qui meurt pourtant sans enfants dans la question des Sadducéens sur la résurrection. Une imagination plus moderne peut y voir comme la réplique de « Cosi fan tutte » aux « mil e tre » du Dom Juan. D’une façon ou d’une autre, il signifie une grande frustration et la tentative aussi vaine qu’obstinée de la surmonter dans la répétition de la même impasse. Eussiez-vous mille maris, chères amies, vous n’en trouverez jamais un parfait par qui votre vie deviendrait pure satisfaction.

C’est pourquoi la troisième école, celle que le Christ nous ouvre, procède autrement dans son estimation. Pour ses adeptes, le résultat s’obtient non par la soustraction, mais par la somme des deux colonnes. Cela suppose que les fameuses concessions soient assumées en renoncements de charité qui deviennent autant d’occasions de progrès spirituel et de croissance dans la communion. Voilà bien la folie de Dieu, cette opération qui réalise la valeur absolue de ce que la sagesse humaine affecte du signe moins.

Déjà la Loi de Moïse nous montrait ce chemin. Qu’elle s’exprime en une série d’interdits peut sembler odieusement répressif à nos rêveries libertaires modernes, alors qu’elle s’inscrit ainsi dans la perspective d’un renoncement à soi sans lequel il n’est pas d’amour de l’autre possible. D’ailleurs, si elle s’énonce au futur plutôt qu’à l’impératif, c’est bien qu’il s’agit d’une promesse dont nous connaissons le résumé que le Fils nous a révélé : Tu aimeras.

Tous ceux qui ont reçu la Loi comme la charte et la promesse de l’Alliance accordée par le Seigneur l’ont vécue dans les délices d’amour chantées par le Psalmiste. Ainsi l’ont éprouvée même ceux qui durent pousser le renoncement à soi jusqu’au sacrifice de leur vie et de leur bonheur au temps du Premier Testament, annonçant ainsi le Christ Jésus qui accomplit la Loi par la croix.

Chers amis, le catéchuménat est comme un temps de fiançailles qui précède les Noces. Vous n’avez pas entendu auprès de nous les promesses d’une sagesse humaine qui, parfois sous le nom prétendu de chrétien, vous fait miroiter toutes sortes de réussites mondaines au prix de votre adhésion au club. Vous n’avez pas non plus été attirés chez nous par une sophistique morbide qui appelle mal tout ce qui fait du bien et bien le contraire. Mais vous avez entendu de nous que le chemin du bonheur dans l’amour de Dieu passe par beaucoup de renoncements en vue des biens suprêmes sans lesquels même les meilleures choses de ce monde sont décevantes.

Le bien suprême de qui viennent tous les autres, c’est l’Esprit Saint donné par le Père à ceux qui croient en son Fils. En lui, tout devient grâce. Croyez cela selon la foi de l’Église en qui l’Esprit jaillit, oui, désirez l’Eau vive que le Christ fait couler de son côté d’où naît son Épouse et préparez-vous à être accueillis au sein de cette alliance merveilleuse en renonçant à tout ce qui vous retient loin de Dieu. Frères, témoignons tous que l’Église est bien mariée en prenant part dans l’action de grâce à la joie et au renoncement de l’Agneau.