Dimanche 18 mai 2003 - Cinquième dimanche de Pâques

Rester dans le coup, dans la trace, dans le rythme, ce n’est pas rester sans rien faire !

Actes 9,26-31 - 1 Jean 3,18-24 - Jean 15,1-8
dimanche 18 mai 2003.
 

Rester dans le coup, dans la trace, dans le rythme, ce n’est pas rester sans rien faire !

Qu’il s’agisse de musique ou de danse, de compétition sportive ou commerciale, de cinéma, de politique ou d’entreprise, une attention de tous les instants dans l’action et le renouvellement inlassable de l’inspiration sont nécessaires, faute de quoi l’on a vite fait de décrocher et de sombrer.

Surtout, donc, ne nous y trompons pas : quand Jésus nous commande de demeurer en lui comme il demeure en nous, ce n’est pas une consigne de passivité. Il ne s’agit pas de s’alanguir dans je ne sais quelle pose contemplative pour ne pas s’en faire.

Notre relation au Christ Jésus est rythmée par la participation à la messe dominicale et aux autres rassemblements d’Église : nous y allons, nous en repartons, nous y revenons avec tout ce que nous avons vécu en chrétiens dans le monde. Car la Vigne qui est le Christ, c’est l’Église.

Dans ces rencontres, Jésus Christ se donne à nous, fidèlement : il renouvelle sa présence en chacun de nous et il fait de nous tous rassemblés son Église, à chaque fois comme si c’était la première fois. Nous qui communions en lui, nous sommes envoyés dans le monde être sa présence, ce qui nous oblige à offrir avec lui chaque instant de notre vie.

Pour demeurer en lui, il nous faut revenir sans cesse à la prière, reprendre en toute occasion le chemin de la conversion, chercher de toutes les manières à observer son commandement d’aimer Dieu et de nous aimer les uns les autres.

Dans les obstacles et les difficultés, devant les malheurs et les injustices du monde, allons-nous simplement nous lamenter ou hausser les épaules avec fatalisme en prétendant que tout ce qui arrive est la volonté de Dieu ? Cherchons plutôt de tout notre cœur ce qu’il faut lui demander, puisque, si nous demeurons dans le Christ, tout ce que nous voudrons, nous n’aurons qu’à le demander pour l’obtenir. Il l’a promis.

l’Église ne peut se construire et avancer, aujourd’hui comme au temps des Actes des Apôtres, que par la vitalité et la fidélité de ses membres. Si nous marchons courageusement à la suite du Christ, comme de vrais disciples, elle se multipliera avec l’aide de l’Esprit Saint, comme aux premiers jours.

Attention, toutefois, à ne pas confondre Jésus avec un manager avide, un coach impitoyable ou un leader mégalomaniaque. Il est l’homme doux et humble de cœur, le Seigneur qui procure le repos à qui vient le chercher auprès de lui, le Fils du Père qui comble son bien aimé quand il dort. Il donne en abondance et gratuitement l’Esprit Saint qui est force, grâce et resplendissement de Dieu.

Une seule chose est nécessaire : croire en Jésus Christ et écouter sa voix. Qui se donne ainsi à l’œuvre du Père reçoit aussitôt la paix dans la foi et, s’il se laisse conduire par la main du Seigneur, il rayonne de la vitalité du Christ ressuscité, à la gloire de Dieu.

Telle est l’Église, vivante dans l’amour du Christ si elle reste fidèle à sa vocation de sainte Vigne du Père.