Dimanche 19 avril 2009 - Deuxième dimanche de Pâques

Voulez-vous faire un bout d’essai ?

Actes 4,32-35 - Psaume 117,1-4,16-17,22-23 - 1 Jean 5,1-6 - Jean 20,19-31
dimanche 19 avril 2009.
 

Voulez-vous faire un bout d’essai ?

« Un bout d’essai » ? Une minute de tournage et je crève l’écran. À moi les contrats mirobolants. « A star is born » et tout ce qui s’ensuit.

« Un bout d’essai » ? Venez tester notre nouveau modèle haut de gamme dans le segment supérieur de l’élite. Une puissance inouïe, des sensations garanties.

Essayer pour voir, c’est tentant, mais parfois risqué. Un seul essai supposé sans engagement peut vous emmener beaucoup plus loin que vous ne pensiez, pris dans des conséquences incalculées.

Thomas a essayé. Il a accepté de venir au rassemblement des croyants, puisqu’il est avec les autres huit jours après. Il essaye pour voir, il essaye de croire. Et le résultat dépasse certainement ce qu’il pouvait en imaginer, malgré ses propos bravaches.

Le plus étonnant dans cet épisode n’est-il pas que le Seigneur accorde à cet incrédule tout ce qu’il a demandé en le prenant au mot de ses déclarations insensées ?

C’est le plus étonnant de l’affaire, et le plus important aussi. Dieu récompense nos essais hasardeux de façon vraiment excessive, selon la sagesse de sa folie à lui. Telle est sa miséricorde.

Oui, la divine Miséricorde que nous fêtons aujourd’hui signifie que Dieu ne veut pas tenir compte de notre passé égoïste et orgueilleux : maintenant il veut récompenser magnifiquement le moindre de nos mouvements vers lui.

Écoutez donc la leçon de Thomas, essayez l’impossible. Essayez la foi, vous qui ne croyez pas. Faites ne serait-ce qu’un tout petit pas, et vous verrez comme il vous répondra.

Comment ? Vous avez entendu saint Jean : en accomplissant ses commandements vous connaîtrez la foi qui est l’amour de Dieu. Essayez donc, ne serait-ce qu’un tout petit peu.

Rien, peut-être, n’est plus impossible que de vivre en communauté selon la description de parfait partage qu’en donnent les Actes des Apôtres que nous venons d’entendre, n’est-ce pas ? Eh bien, là aussi, faites donc un bout d’essai. Qui sait où cela vous mènera ?

Sans doute y a-t-il là une vision un peu idéalisée. Mais des disciples l’ont réalisée au moins pour une part et pour un temps, par le passé et encore à notre époque, ici et là dans le monde. Dieu veut combler les siens de sa paix, comme Jésus le répète trois fois aujourd’hui.

Or, la paix messianique est le bien suprême, qui signifie aussi la joie et la prospérité. Croyez donc que Dieu vous rendra au centuple dès cette vie tout ce à quoi vous aurez renoncé pour la partager.

Le Christ n’est-il pas ressuscité ? Par le baptême dans sa mort n’avez-vous pas été mis au tombeau avec lui pour mener désormais une vie nouvelle ? Essayez donc un peu !

Elle vous a été donnée par le sacrement de confirmation, la puissance de l’Esprit Saint soufflé par Jésus sur ses Apôtres au soir de Pâques : livrez-vous à son action en vous.

Plus qu’une star, un homme nouveau est né en votre personne. Essayez de vivre de sa vie nouvelle et Dieu vous fera réussir au-delà de vos espérances.