Dimanche 2 août 2009 - 18e dimanche de l’année B

Made in Heaven - Produit du Ciel !

Exode 16,2-4.12-15 - Psaume 77,3.4ac.23-24.25.52a.54a - Éphésiens 4,17.20-24 - Jean 6,24-35
dimanche 2 août 2009.
 

Made in Heaven - Produit du Ciel ! Voilà une mention qui vous impressionnerait sur un article au supermarché, quand vous regardez la provenance de ce que vous achetez, n’est-ce pas ?

Remarquez, le tampon qui fait foi ne le fait pas toujours de bonne foi. Par exemple, vous voulez goûter à la fameuse charcuterie de la plus belle île du monde, dont je tairai le nom par prudence. Vous lisez dessus : « Produit en Corse ». Mais ce sont des viandes venues congelées d’Europe centrale qui sont seulement “transformées” sur l’île ! Ou encore, vous dégustez d’authentiques galettes bretonnes, dont le blé noir est importé du Canada, de Pologne ou de Chine !

Mais la provenance du ciel, direz-vous, ce serait autre chose. Voire ! Par exemple, on attendait beaucoup de la lune, qui est dans le ciel, comme chacun sait. Mais les minéraux qui s’y trouvent n’ont rien de nouveau pour nous et n’offrent aucune possibilité inédite. Ce ciel-là ressemble trop à notre terre, il est fait du même métal.

Au fait, les pains de la multiplication, d’où proviennent-ils ? Ce serait intéressant de le savoir, non ? Or, les gens qui en ont mangé et poursuivent Jésus pour cela ne lui demandent pas d’où il les a tirés, mais “quand” il est arrivé ici : toute leur préoccupation relève du “quand”, comme dans « Quand est-ce qu’on mange ? ».

Pourtant, tout le propos du Seigneur porte sur le “d’où” ; et il en donne la clef sans attendre : il est lui-même le pain venu du ciel. Or, il n’en est pas tombé comme une météorite : il a pris chair de la Vierge Marie, il est venu en germant de la terre. Il est le Fils de l’homme. Mais il est aussi celui « que Dieu le Père a marqué de son empreinte ». Littéralement, en grec, il s’agit du “sceau” de Dieu, comme une marque d’authentification : « Engendré du Ciel, né du Très-Haut, le vrai Fils du Père”.

En quoi consiste donc ce “sceau” du Père, à votre avis ? Rappelez-vous la parole de votre confirmation, de votre “chrismation” : « Untel, sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu. » Selon l’étymologie, le saint chrême est fait pour pénétrer, pour “imprimer” en vous cette marque de Dieu. L’Esprit Saint, qui est Dieu et qui donne la vie, voilà le sceau !

Jésus est celui sur qui repose l’Esprit du Père, de toute éternité. Mais parce qu’il est descendu du ciel, il offre à tout enfant des hommes ce don qui divinise. Par sa Pâque, il devient notre pain de vie éternelle.

Toute notre vie, qui vient de la terre, doit en être marquée, en sorte que nous devenions fils de Dieu. Notre chair provient de la terre, et pourtant elle ne ment pas la parole qui nous déclare renés d’en haut, venus du ciel ! Du moins si nous ne la faisons pas mentir.

Pour “donner raison” à Dieu, nous devons le laisser transformer notre existence. La prière des fidèles devrait être sans cesse pour demander l’Esprit Saint, car le Seigneur dit : « Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. » Pour que chacun de nos actes et de nos propos manifestent la douceur de l’amour de Dieu, demandons l’onction de l’Esprit. Afin qu’en toute épreuve nous choisissions le chemin de Dieu à la suite de Jésus, demandons le ferme sceau de l’Esprit.

Alors il y aura de la joie chez les anges de Dieu pour ces fils des hommes dont le monde pourra découvrir la bienheureuse offrande eucharistique en reconnaissant avec émerveillement qu’ils leur sont vraiment envoyés du ciel.