Dimanche 25 octobre 2009 - Trentième dimanche B - Baptême de quatre petits enfants

Où irons-nous chercher nos top-modèles ?

Jérémie 31,7-9 - Psaume 125,1-6 - Hébreux 5,1-6 - Marc 10,46b-52
dimanche 25 octobre 2009.
 

Où irons-nous chercher nos top-modèles ? Je vois ces trois petites filles charmantes, et aussi ce beau garçon, après tout, puisqu’il ne faut plus faire de discrimination entre les sexes ! Ils sont un peu jeunes, me direz-vous ? Justement ! Ils ont besoin d’exemples pour leur éducation, de modèles de réussite humaine, n’est-ce pas ? À la bonne heure, l’évangile d’aujourd’hui nous en propose un !

Avez-vous remarqué que la question de Jésus à Bartimée, « Que veux-tu que je fasse pour toi ? », est exactement la même que celle qu’il posait dimanche dernier aux fils de Zébédée ? Pour eux, le résultat fut un échec : Jésus se déclara incompétent pour leur consentir les places à sa droite et à sa gauche qu’ils avaient réclamées. Tandis que Bartimée reçoit aussitôt ce qu’il a demandé.

Remontons d’un dimanche et nous trouvons l’homme riche, vous vous rappelez ? Jésus lui avait proposé de renoncer à tous ses biens et il était parti tout triste ; tandis que Bartimée aujourd’hui jette son manteau pour courir à Jésus. À cette époque et dans ce pays, un manteau était un bien durable, et aussi l’abri dans lequel souvent on dormait à la belle étoile, même quand on avait un toit. Là encore, donc, Bartimée réussit où un autre vient d’échouer : l’homme juste selon la Loi et riche selon le monde manque sa rencontre du Seigneur, les disciples les plus brillants sur l’échelle des honneurs et des charges se trompent de demande, mais le mendiant aveugle va droit au but et suit joyeusement le Christ. Nous découvrons que le passage d’aujourd’hui donne la clef de ce qui le précède. Et ce n’est pas fini. C’est pratique, n’est-ce pas, pour ceux qui ont peut-être manqué l’un ou l’autre des épisodes précédents ?

En remontant encore d’un dimanche, nous arrivons au texte le plus choisi pour le baptême - cela tombe bien une fois de plus - celui où Jésus dit : « Laissez venir à moi les petits enfants. » Or, Bartimée aujourd’hui est traité exactement comme eux : il se fait rabrouer par l’entourage du Maître. Mais Jésus leur donne tort : pour les enfants, il s’était fâché, pour Bartimée il « s’arrête ». En fait, le verbe grec évoque sa mort sur la croix et sa résurrection. Pour que tous les enfants du monde aient accès à Dieu, il est allé jusqu’à donner sa vie ainsi. D’ailleurs, l’expression « le fils de Timée » suggère en grec l’idée qu’en lui se réalise ce que Jésus vient de dire (ce sont les mots qui précèdent immédiatement notre passage en Saint-Marc), à savoir qu’il « est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude ». Bartimée, par sa naissance à la vie nouvelle dans la foi, est « fils de cette rançon ». Il est ainsi le modèle de tous les baptisés, l’exemple que nous cherchions pour ces enfants, mais qui vaut aussi pour nous.

Le don de Dieu ne peut s’accueillir autrement qu’avec un cœur d’enfant, un cœur de mendiant et de désir, un cœur brûlant du désir de voir, un cœur qui sait qu’il n’a rien vu encore et qui mendie d’amour la vision de l’aimé. C’est pourquoi Jésus nous dit que nous devons redevenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume de Dieu. Loin que l’accumulation des biens et la croissance dans la justice d’une vie morale, ou bien la progression dans la hiérarchie des titres et des responsabilités, puisse nous dispenser de cette nécessité, ces grandeurs humaines ne la rendent que plus pressante à mesure que l’on s’y élève. Ni l’homme riche et juste, ni les Apôtres de premier rang ne nous sont donnés comme modèles de disciples, mais bien le mendiant aveugle Bartimée. À vrai dire, le top-modèle, le sommet de l’exemple, n’est autre que Jésus lui-même, le Fils bien-aimé, évidemment. Et Dieu ne cesse de dire à chacun de ceux qu’il accueille en lui par le baptême comme ses propres enfants : « Moi aujourd’hui je t’ai engendré. »

Jésus est notre exemple insurpassable, mais il fait de vous, chers parents d’Adryan, de Gabrielle, d’Enora et Iroise, leurs premiers modèles en pratique. Prenez exemple sur eux pour rayonner toujours à leurs yeux d’une foi qui implore sans cesse du Christ de s’ouvrir à une vue neuve sur lui. Alors, par la puissance de l’Esprit Saint, vous serez d’excellents modèles pour eux, à la gloire de Dieu le Père.