Dimanche 29 novembre 2009 - 1er dimanche de l’Avent année C - Entrée en catéchuménat du catéchisme : Océane, Kristophe, Deesi, Deela, Martin et Marie-jeanne

La peur d’être pris : vous savez ce que c’est ?

Jérémie 33,14-16 - Psaume 24,4-5.8-10.14 - 1 Thessaloniciens 3,12 à 4,2 - Luc 21,25-28.34-36
dimanche 29 novembre 2009.
 

La peur d’être pris : vous savez ce que c’est ? Oui, bien sûr : tous les enfants du monde, quand ils désobéissent, craignent d’être pris en faute ; et tous nous sommes ou avons été de tels enfants. Aujourd’hui encore, quel que soit notre âge, nous pouvons redouter, pour nous-mêmes ou pour ceux que nous aimons, d’être attrapé de quelque façon.

Mais certains connaissent ou ont connu cette peur plus que d’autres : espions, fugitifs, sans-papiers, victimes potentielles de psychopathes, soldats des forces spéciales, humanitaires en mission, juifs sous l’occupation. Certains étaient préparés par un entraînement intensif à l’éventualité de se faire prendre ; d’autres se sont fait cueillir comme des bleus.

Certains étaient enfants ou adolescents, comme le sont aujourd’hui nos jeunes catéchumènes, quand leurs parents furent raflés et déportés. Ils en ont toujours gardé une hantise épouvantable, parfois une vraie paranoïa. Cette génération est âgée maintenant, et même disparue en partie, mais leurs enfants portent le poids du souvenir.

Il est bien question du risque de se faire prendre dans l’évangile d’aujourd’hui : « Attention : que ce jour-là ne tombe sur vous par surprise. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre. » De quoi s’agit-il ? De la fin du monde, certes. Est-ce que Jésus veut nous pousser à consulter anxieusement les voyantes ou le calendrier Maya ? Pas du tout. Alors qu’est-ce qu’il veut ? Il veut que nous apprenions à avoir peur du mal et que nous n’ayons plus peur du bien.

Premièrement, donc, il veut nous entraîner à échapper aux filets du diable. Ce ne sont pas que des histoires fumeuses ou gothiques, mais les tentations de tous les jours. Demandez la peur salutaire de tomber dans les pièges du Tentateur. Demandez la peur d’être méchant, méprisant, violent, insultant, égoïste ou injuste. Entraînez-vous à écouter votre ange. Ouvrez votre cœur à la miséricorde de Dieu : lui ne veut pas vous attraper ni vous coincer ; il ne vous tend pas de piège. Alors ne tendez pas de piège aux autres ; ne les cassez pas à la première occasion !

Deuxièmement, il veut nous préparer à recevoir ce que Dieu veut nous donner : que nous ne passions pas à côté par inadvertance !

Dieu ne cherche pas à coffrer le pécheur pour le livrer au juge et le mettre en prison. Il veut le reprendre au Mauvais qui le garde dans ses pièges. Contre les filets de la mort, il jette les filets des Apôtres : les hommes que l’Église attrape, elle les fait libres du péché, libres pour aimer et donc pour être heureux.

Mes amis, il faut vous préparer à vous laisser prendre dans les filets de Dieu. Pour cela, il faut vous débarrasser des mauvais réflexes de défense contre lui. Si quelqu’un vous a fait du mal, vous vous méfiez de lui : vous vous enfuyez à son approche, vous essayer de l’esquiver s’il veut vous toucher. Dieu ne vous a jamais fait de mal, mais le Mauvais vous a soufflé à l’oreille le contraire, comme à tous les hommes de ce monde. C’est un menteur. Il ne suffit pas de le savoir, il faut perdre ses mauvais réflexes : saper vos propres défenses contre la vérité et l’amour. Comment ? En écoutant la Parole, en la laissant remplir votre cœur et vous ouvrir au Seigneur.

Si vous résistez au mal et à ses pièges, Dieu viendra à votre secours. Si vous laissez la parole de Dieu vous attendrir, il vous convertira. Comme un barrage qui lâche laisse couler d’un coup un torrent de flots bouillonnants, vous connaîtrez peut-être la conversion qui vous fait pleurer du bonheur d’être tellement aimé.

Oui, nous avions peur d’être saisis par le Bien à cause du Mauvais qui nous tenait. Mais grâce à Jésus nous pouvons laisser l’Amour nous prendre, car il nous dit : « N’ayez pas peur, c’est moi ! »