Dimanche 20 décembre 2009 - 4e dimanche de l’Avent année C - Baptême d’Augustin Arun Ilanko et Élise Dumont

Je peux voir l’avenir et vous dire ce qui va vous arriver. Qui suis-je ?

Michée 5,1-4a - Psaume 79,2-3.15-16.18-19 - Hébreux 10,5-10 - Luc 1,39-45
星期日 2009年12月20日.
 

Réponse 1 : Météo France

Réponse 2 : Madame Irma

Réponse 3 : un prophète comme ceux d’autrefois.

Un indice : ce que j’ai prédit n’arrive pas toujours.

Bien sûr, l’indice ne vous avance à rien. Météo France ne fait pas de divination, mais seulement des prévisions affectées d’un certain coefficient de probabilité. Madame Irma dit en général n’importe quoi en espérant que vous aurez l’impression qu’elle avait raison. Quant aux prophètes d’autrefois, leurs prédictions étaient le plus souvent conditionnelles : « Si vous suivez le chemin du Seigneur, alors vous connaîtrez le bonheur ; sinon, voilà ce qui va vous arriver. »

Un autre indice inutile : on croit à mes prédictions en raison de la fréquence de leurs réalisations par le passé. C’est évidemment le motif que tous invoquent à leur crédulité ou à leur scepticisme : « ils se trompent toujours », ou « elle avait prédit le tsunami, la crise ou le tiercé. » Mais en réalité, on croit surtout ce qu’on veut bien croire, et encore, plus ou moins sérieusement.

Pour la météo, tout le monde pensait bien qu’elle devait voir juste en prévoyant la neige pour jeudi constamment depuis huit jours, et en émettant un bulletin d’alerte pendant trois jours. Mais qui a pensé mercredi soir à saler d’avance les marches devant sa porte ? Pas nous en tout cas ! Bien entendu, tout le monde s’est trouvé fort surpris de voir arriver ce qui était pourtant parfaitement annoncé. Quant à Madame Irma, qu’importe la réalité pour qui veut absolument croire à ce qu’elle dit, surtout que tout son art consiste à vous dire ce que vous voulez croire. À l’inverse, les prophètes de Dieu avaient beau se montrer véridiques de façon répétée, on ne les en croyait pas plus quand ils disaient ce qu’on ne voulait pas entendre.

La question décisive est donc de savoir à quelle parole on ajoute vraiment foi au point d’agir en conséquence. Toute la Bible est écrite et vécue selon ce principe prophétique. Sans cesse la parole y révèle le sens des événements en cours et ce qui doit arriver dans l’avenir. Après le premier péché, Dieu n’a pas abandonné l’homme à l’absurde et au tragique de son existence mortelle et des éternels recommencements. Toute la révélation est promesse de la venue du Seigneur et manifestation du fait qu’il vient comme il l’a promis. Saint Luc, tout particulièrement, écrit sur ce rythme. Nous le voyons aujourd’hui avec la rencontre de ces deux femmes qui « ont cru à l’accomplissement des paroles qui leur furent dites de la part du Seigneur. » Marie, en particulier, réalise ici la prophétie d’Isaïe : « Vous avez entendu la prédiction. Regardez-la accomplie. À votre tour ne l’annoncerez-vous pas ? » (Is 48,6)

C’est exactement la question de Noël : verrez-vous dans l’enfant de la crèche la réalisation de ce que Dieu avait promis à son peuple, au point d’en annoncer la merveille et le mystère par votre façon de vivre désormais, au regard de tous ceux que vous rencontrerez ? La foi est la réponse de l’homme à la parole de Dieu : il voit ce que Dieu fait selon ce qu’il avait dit, et sa vie s’éclaire à cette vue. La lumière qui s’éveille en lui se ravive au contact de celle des autres fidèles et se transmet aux autres, loin sur la terre.

Les prédictions des prophètes étaient souvent conditionnelles, mais l’une ne l’était pas : la promesse de l’envoi du Messie. Il est venu comme Dieu l’avait dit, malgré l’endurcissement de son peuple, et grâce au petit reste fidèle représenté par Marie et Élisabeth aujourd’hui. Celui qui est venu dans notre chair jusqu’à la passion et la résurrection viendra sûrement à la fin des temps, que nous le voulions ou non. Mais Dieu fasse que nous le voulions bien ! C’est le sens même de notre existence croyante, depuis notre père Abraham.

Telle est la vie des baptisés, et son œuvre. Augustin, Élise, vous n’allez pas recevoir un gris-gris ni entendre une prédiction de votre existence à la Madame Irma qui vous berce de rêveries flatteuses au regard de la dureté des temps. Vous allez entrer par le baptême dans la grande famille des enfants de Dieu qui le prient sans cesse. Et moi je peux vous le prédire : si vous priez fidèlement, dans le rassemblement eucharistique dominical comme dans le quotidien de votre vie, tout ce qui vous arrivera tournera à votre bien.

Qui suis-je pour vous le dire ? Simplement le serviteur de la Parole, dans le corps du Christ qui est l’Église, elle qui participe par le baptême à la dignité de son Seigneur, prêtre, prophète et roi. Nous croyons qu’il est venu dans notre chair, nous le voyons. Croyons donc et annonçons qu’il viendra à la fin des temps, comme il l’a promis.